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Acquisition de TexTech par Jouve : Communiqué de Presse de la CGT Jouve


Presse Edition 10/03/2010

Communiqué de la CGT Jouve
Le Groupe Jouve annonce sur son site l’acquisition de TexTech dont le siège est à Chennai, en Inde et qui dispose d’une filiale aux Etats-Unis. Textech intervient principalement comme prestataire des éditeurs de livres pour l’enseignement scolaire et universitaire,
sous forme imprimée et, de plus en plus, électronique. Elle propose de coordonner les travaux depuis la conception jusqu’à la distribution des ouvrages. Elle intervient également directement dans de nombreuses opérations contribuant à la gestion des données, la mise en page et valorisation des contenus, à l’impression ou mise en forme électronique et à la logistique.
Elle utilise pour cela des workflow éditoriaux, c'est-à-dire des solutions informatisées de gestion et coordination des
différents intervenants et des opérations depuis la conception éditoriale jusqu’à la distribution.
Dans sa présentation, le Groupe Jouve met en avant deux arguments principaux à cet achat :
• les tarifs compétitifs grâce à une production délocalisée,
• devenir une référence mondiale en poursuivant l’internationalisation du Groupe.

Il faut appréhender cette opération sous deux angles d’importance égale :

• Celui d’une stratégie dynamique de développement du Groupe

• Celui d’une stratégie socialement responsable

Très rapidement, la lecture de la présentation de l’opération montre que l’articulation nécessaire entre ces deux
stratégies n’est pas son point fort. Notre Directeur Général essaie bien sur le sujet un magnifique, mais néanmoins peu
convainquant, exercice de grand écart en affirmant “L’acquisition de TexTech s’inscrit dans la stratégie globale du
Groupe de renforcer sa présence locale afin de devenir un acteur de référence mondial. »

Un peu plus loin, notre Directeur des Services éditoriaux et de publication, lui, ne s’embarrasse pas de considérations
sociales : « La stratégie de nos clients est de rationaliser leurs processus éditoriaux et de production », ce qui revient à
dire : abaisser les coûts.

Ces déclarations ajoutées à l’objectif premier de « tarifs compétitifs grâce à une production délocalisée » éclairent la
stratégie du Groupe à travers ces opérations : être un acteur de premier plan dans la mondialisation des prestations
éditoriales et de fabrication des ouvrages imprimés et/ou électroniques. Pour cela, utiliser tous les moyens de la
mondialisation, à commencer par le recours, dès que cela est possible, aux travailleurs à bas coûts.
Nul doute que sur un tel projet, les actionnaires et les financiers vont faire honneur à notre Directeur.
Les dollars plein les yeux aideront à ignorer les considérations éthiques.

Nous sommes loin des déclarations voulant rassurer, mais surtout paralyser, du type « pas de risque de délocalisation
avec la langue française ». Notre management continue aujourd’hui à nous dire de travailler tranquille, que notre
direction se charge de préparer notre avenir, que c’est sa première préoccupation...

L’opération montre aujourd’hui que sa préoccupation c’est l’avenir financier du Groupe. Les conséquences sociales de
cette stratégie ne seront traitées que par obligation.

Jouve se présente comme un modèle de politique industrielle vis-à-vis des financiers. Etre un modèle dans la gestion
sociale des changements doit être un objectif au moins aussi important, sinon plus, pour une entreprise qui se dit
responsable et qui dispose de moyens.
Pour la CGT, l’achat de TexTech est l’affirmation d’une ambition financière. Elle n’est pas accompagnée aujourd’hui
d’une ambition sociale qui ferait de Jouve une entreprise responsable.

Malheureusement, la Direction montre plus d’énergie à tenter de déstabiliser les représentants du personnel qui réclament
l’ouverture du volet social qu’à édifier un projet à moyen et long terme d’évolution des compétences et qualifications.