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Industries graphiques : Etat des lieux et prospectives


Presse Edition 21/03/2012

Le 15 février 2012, se déroulait au Ministère de l'économie, des Finance et de l'industrie, un colloque sur le thème : L’imprimerie : nouveaux territoires et gisements de croissance, une occasion pour la profession et la principale organisation syndicale du secteur, l’UNIC, associée au GMI et au SIN de dresser le bilan et les perspectives d’avenir d’une filière qui, malgré des problèmes structurels et conjoncturels, reste un secteur dynamique, capable de surmonter ses difficultés, grâce à l’aide des pouvoirs publics et de ses organisations professionnelles.

Un secteur en difficulté mais apte à rebondir
Avec 3.752 établissements qui emploient 50.901 collaborateurs (1) et générent un chiffre d’affaires estimé à 7 milliards d’euros la filière Industries Graphiques reste un secteur dynamique dans le paysage économique français. Comme le rappelle Dominique Scalia, Président fondateur de l’Observatoire du Hors Media- OHM- qui vient de publier une étude consacrée à la communication : l’Economie de la communication globale en France, 10 années de chiffres clés 2001-2010, bilan et perspectives
Le secteur de l’imprimerie qui pèse plus de 6,9 Mds € en 2009 soit près de 20% de la branche de la communication globale, est composé essentiellement de PME opérant sur des marchés locaux (dynamise de la région Rhône-Alpes avec une croissance de chiffre d’affaires de 34% sur la période 2001-2009), composés d’industries, particulièrement liées au développement technique et technologique (impact du numérique) nécessitant de lourds investissements, qui connaît un mouvement de décroissance amorcé dans les années 2000, accentué par la crise de 2008 et son impact en 2009. Cela s’est traduit par une décroissance du chiffre d’affaires de 1% sur la dernière décennie. Pression concurrentielle, offre abondante, chute des volumes liée à des changements structurels, investissements croissants et parfois surdimensionnés, gains de productivité captés par le client final.
Ce secteur trouve progressivement son rebond par l’élargissement de l’offre, la remontée dans la chaîne de valeur et par l’utilisation pertinente qu’offrent les solutions Internet (Web to print). L’innovation produit et le dynamisme commercial constituent sans aucun doute les axes majeurs du redéploiement du secteur.

Passer à une logique de services

Selon les premiers résultats de l’Etude de la compétitivité des industries graphiques françaises, réalisée par Ernst & Young, pour le compte de la DGCIS, Ministère de l’Economie, des Finances et de l’industrie : l’industrie graphique française dispose : d’atouts forts, uniques en certains points, mais de fortes pressions au niveau européen, une diminution des exportations de produits imprimés depuis 2000 et des actions commerciales agressives de la part des pays frontaliers. Pour les auteurs de l’étude, l’offre doit être revisitée et les imprimeurs doivent de toute urgence : passer d’une logique de produit à une logique de services. Casser les silos entre filière et dynamiser la transversalité. Lancer des campagnes d’image.

Redynamiser l’imprimerie ?

Ce n’est pas en injectant des subventions à l’encan que les pouvoirs publics pourront redynamiser durablement le secteur de l’imprimerie. L’UNIC, sous l’impulsion de son Président, Jacques Chirat et de son Délégué général, Pascal Bovéro, a exploré et proposé quelques pistes et actions, qu’elle a présentées lors du colloque du 15 février et notamment :
Action Nouvelles technologies de l’information de l’impression et de la communication, dont la finalité est «de permettre la production et la distribution délocalisée en «juste à temps» de documents imprimés (presse et labeur) grâce à des techniques d’impression numérique permettant de préserver les compétences sur le lieu actuel d’implatantation avec le déploiement des NTIIC en territoires dans les structures hybrides presse-labeur».

Action Imprim’Luxe : Objectif : «conquérir des marchés du luxe grâce à la création d’une marque imprim’Luxe. Cette marque : permettra d’apporter un signe distinctif aux entreprises qui en bénéficieront ; constituera un élément indispensable de la stratégie industrielle et commerciale des entreprises concernées. Cette action est programmée jusqu’en avril 2013».

Action Engagement de progrès : «Cette action a pour objectif la réalisation d’un Engagement de progrès pour la filière graphique qui a pour ambition de privilégier les principes des loyauté et de bonnes pratiques entre les acteurs de la filière des industries graphiques et de son environnement afin d’améliorer leurs relations dans la durée et dans un esprit de collaboration. Cet engagement, accompagné d’un préambule qui expliquera les raisons conduisant les acteurs de la filière graphique à signer la charte de la Médiation, viendra en annexe de la Charte de la médiation Interentreprises».

L’Action IDDurable «en cours d’exécution, doit s’achever en mai 2012, a pour objectif d’accompagner 15 imprimeries dans une démarche de développement durable. Cette action se décompose en 5 phases : l’approche et la sensibilisation des entreprises ; la sélection des entreprises à accompagner, la réalisation de pré-diagnostics et la conception de la stratégie d’accompagnement ; l’accompagnement de 15 entreprises dans le cadre d’ateliers de perfectionnement ; la mutualisation et le déploiement des outils et de la méthodologie et l’évaluation externe de l’impact de l’action IDDurable».

Action Finances Graphiques «cette action en cours d’exécution et qui doit s’achever en septembre 2012, comporte 2 objectifs : sensibilisation des imprimeurs aux enjeux d’une bonne gestion financière : cet objectif comporte l’organisation d’ateliers de sensibilisation en faveur d’un groupe de PME qui souhaitent approfondir leurs connaissances financières. La conception d’un dispositif d’accompagnement financier, qui comporte, après une évaluation des difficultés financières d’un groupe de PME, la conception d’outils d’accompagnements financiers et la restitution de ces outils aux PME dans le cadre d’ateliers d’échange».


L’avenir est dans l’impression numérique ?

L’avenir, les adhérents du Syndicat de l’impression numérique & des services graphiques, présidé par Pierre Picard, y croient plus que jamais et l’expriment à travers l’étude Le marché de l’impression numérique, réalisée en exclusivité pour le SIN, par la société Interquest. Plus de la moitié des participants disent avoir vu leur volume d’impression augmenter au cours des trois dernières années, tandis que pour un peu plus d’un quart, il a diminué et que pour le reste il est resté stable. Un tiers des participants prévoient une hausse de leur volume d’impression numérique A4 N&B alors que 27% prévoient une baisse au cours des trois prochaines années. La couleur fait davantage l’unanimité, puisque près de 90% des participants indiquent que leur volume d’impression numérique A4 couleur devrait augmenter sur la même période.
Les documents le plus souvent imprimés par les imprimeurs numériques ayant répondu à l’enquête sont dans l’ordre : les documents d’entreprise (têtes de lettre, enveloppes, formulaires, cartes de visites, etc.), les documents commerciaux (plaquettes, brochures, flyers, prospectus, etc.), ainsi que les documents grand format, tels que posters, affiches, kakémonos, et autres éléments signalétiques.

La perception du marché et du futur

En 2011, le chiffre d’affaires moyen des imprimeurs numériques ayant répondu à l’enquête est de 2,44 millions euros, alors qu’il était de 2,30 millions euros en 2001. Les imprimeurs numériques sont plutôt optimistes quant à l’avenir proche puisque 71% pensent que leur chiffre d’affaires va augmenter en 2011.
Les tendances les plus importantes du marché : la croissance d’Internet, suivie de l’offre d’une prestation complète (de la conception/impression à l’expédition) et de l’évolution du noir vers la couleur sont les principales tendances du marché perçues par les imprimeurs numériques. La majorité des imprimeurs numériques interviewés par téléphone ont une vision plutôt positive du marché de l'impression numérique et de leur entreprise au sein de ce marché et llus d'un tiers des participants prévoient d'acquérir du matériel d'impression/copie au cours des 18 prochains mois. «Le marché offset diminue et les imprimeries traditionnelles se rapprochent de l’impression numérique. Les budgets communication des entreprises se réduisent et favorisent l’impression numérique. Comme les imprimeurs traditionnels ne maîtrisent toujours pas l’impression numérique, il y a des opportunités pour les vrais professionnels.» déclare un répondant.

Les meilleures opportunités
Pour les fournisseurs et experts du marché, les meilleures opportunités pour les imprimeurs numériques, au cours de trois à cinq prochaines années, incluent : les nouvelles applications et nouveaux services, tels que : l’impression sur carton ou plastique, l’impression d’étiquettes, le grand format en solvants ou éco-solvants et l’habillage de véhicules, les courts tirages personnalisés, ainsi que les services de gestion documentaire et de bases de données. Les fournisseurs suggèrent également aux imprimeurs numériques d'établir des partenariats, notamment au niveau des services liés à la finition et de continuer à tirer parti de leur présence et de leurs contacts locaux.
Parmi les principaux obstacles à surmonter par les imprimeurs numériques au cours des trois à cinq prochaines années, les fournisseurs et experts citent : La dématérialisation, le manque
de ressources financières, le traitement de fichiers, la gestion des bases de données clients, le manque de temps pour remettre à plat leur stratégie, la concurrence sur les prix et les nouveaux arrivants sur le marché, ainsi que la difficulté à trouver un moyen d’apporter une valeur ajoutée et savoir la vendre.

Jacques Versin

(1) Source Unedic
(2) L’étude du SIN a été réalisée entre février et septembre 2011. Elle repose sur un ensemble de 163 enquêtes Internet et 70 interviews téléphoniques auprès d'imprimeurs numériques, ateliers intégrés, fournisseurs et autres grands acteurs du marché. Les deux tiers des entreprises d'impression numérique ayant répondu à l’enquête se trouvent en province, tandis que le reste est situé dans la région parisienne. Dans l'ensemble, ces entreprises ne sont pas toutes jeunes, puisque que 90% existent depuis 10 ans ou plus et que plus de la moitié ont été créées il y a plus de 20 ans. Les deux tiers ont un effectif de moins de 10 employés et près d'un cinquième n'emploient pas plus de deux personnes. Près des trois-quarts des participants ne disposent que d’un seul point de vente/site de production. Plus de la moitié réalise un chiffre d’affaires annuel inférieur à 500.000 euros, alors que 40% génèrent plus d'un million d'euros par an. L'impression numérique pèse pour un peu plus de la moitié de l'activité des participants et la reprographie pour un peu plus d'un quart.


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