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Entretien avec Yannick Roussel, Directeur de l’ESAM


Entretien avec Yannick Roussel, Directeur de l’ESAM


Presse Edition 15/05/2019
Qu’est-ce qui vous a amené à l’enseignement?


Yannick ROUSSEL : C’est 40 ans de travail, d’expériences assez variées. J’ai fait un parcours complet en formation continue pour devenir ingénieur et 2 ans en MBA à l’IFG. Parallèlement, j’ai poursuivi ma carrière dans l’industrie. Je faisais partie de la jeune génération d’ingénieurs qui travaillait sur la fibre optique à ses tout débuts en France et en Europe. Entre 85 et 95, où tout était à inventer dans ce domaine. J’ai trouvé cela passionnant car grâce à cela j’ai pu faire le tour du monde et participer à de nombreuses conférences sur le sujet.

Et la fibre entrepreneuriale?


Yannick ROUSSEL : Je suis issu d’une famille de créateurs d’entreprises . Mes deux grands-pères étaient chefs d’entreprises, et j’ai toujours eu à l’esprit de créer ma propre entreprise. La direction d’entreprise m’a tenté et vers la quarantaine, j’ai créé ma première société, ASM développement, un cabinet de conseil, adaptation, stratégie, Management et développement et j’ai commencé à travailler pour les PME , parce que j’adore les PME. Et de fil en aiguille, à force de conseiller, j’ai acheté une entreprise avec une associée . C’était une très belle période, j’ai atteint le but que je m’étais fixé dans la vie, mais cela n’a pas été pour autant ma meilleure expérience. J’ai revendu ma société en 2012 et c’est là que j’ai commencé dans l’enseignement. Je donnais déjà des cours dans une école de commerce. Transmettre, était capital  pour moi et j’avais des prédispositions pour cela, parce ce que cela implique un travail collaboratif  avec les étudiants. Ensuite, j’ai fait de la relation entreprises, de la formation continue, puis je suis devenu directeur du campus. Il ne restait plus qu’une étape à franchir, et c’est alors que Roger Serre, le Délégué général et membre fondateur du Groupe IGS, m’a sollicité.

L’ESAM, une école de commerce, une école de management, en quoi diffère-t-elle des autres 
écoles?


Yannick ROUSSEL : Ce n’est pas exactement une école de commerce. L'ESAM  fait partie de l’univers des Business Schools. Elle est plus  spécialisée qu’une école généraliste.
Le positionnement de l’ESAM correspond à celui de la finance d'entreprise, du management stratégique, et maintenant le droit, puisque nous avons lancé un Master droit et sciences politiques. C’est tout ce qui construit l’entreprise. Nous avons un ancrage très fort à l’international et une  culture entrepreneuriale tout autant également car elle  fait partie de l’ADN de l’ESAM.


Goupe IGS fédération indépendante d’associations à but non lucratif?


Yannick ROUSSEL : Nous sommes directeurs de nos écoles.  L’ensemble est regroupé sous l’égide du Groupe IGS. C’est une fédération d’associations à but non lucratif. Cela donne un type de gouvernance un peu particulier. J’ai toujours travaillé dans un univers de ce type puisque la première entreprise dans laquelle j’étais ingénieur, ACOME, était une coopérative ouvrière, une des plus grosses SCOPS de France.


Au niveau international?

Yannick ROUSSEL : Nous avons des partenariats avec un peu plus d’une centaine d’Universités. Nous recevons des élèves de 18 nationalités. Dans le groupe IGS, l'école American international business school compte 80 nationalités.


En 2017, vous avez créé The Why Not Factory by ESAM, quels sont ses objectifs?


Yannick ROUSSEL : Quand j’ai écrit ce projet c’était essentiellement parce que l’ESAM était une école entrepreneuriale, mais un entrepreneuriat comme je n’aime pas.
Pour moi l’entrepreneuriat c’est l’apprentissage, l’expérience. J'ai imaginé ce projet et téléphoné à  quelques incubateurs parisiens, qui me semblaient fermés ou super rigides sur les domaines d’activités. Je me suis dit, on va faire tout le contraire et on va d’abord l’ouvrir aux étudiants. Au départ avec l’ESAM, ensuite, notre DG m’a dit «écoute ça marche super bien ton truc. Est-ce que tu ne voudrais pas l’ouvrir aux autres écoles». Aujourd’hui, why not factory représente l’incubateur de l’IGS.

Le bilan?


Yannick ROUSSEL : L'ESAM  c’est d’abord un espace pédagogique. Nous parlons tous d’innovation pédagogique chez les directeurs d’écoles mais nous avons du mal à faire percevoir cela au marché. Et là ça me permet de mettre au point de nouvelles stratégies pédagogiques. Autre objectif, mettre le pied à l’étrier de jeunes qui ont des idées, mais qui n’osent pas se lancer. Les français sont toujours assez timides. C’est culturel. Alors on fait sauter ces peurs, ces appréhenisons. Un étudiant possède une idée ? Nous la travaillons ensemlbe. Après il se lance et ça marche. J’ai redéfini ce qu’était un coach, plutôt un accompagnateur qu’un conseiller. Dans cet espace nous accueillons aujourd’hui 180 adhérents. Ce sont des jeunes qui viennent chercher la connaissance. C’est important parce que je dis toujours que ce que j’adore faire c’est inciter les jeunes à apprendre plutôt que de les contraindre. Je n’ai pas de religion sur la pédagogie et je conseille à mes professeurs d’appliquer une pédagogie variée. Parce que ces jeunes ont un peu de mal à se concentrer, il faut le reconnaître. Ils sont hyper sollicités, ce qui fait qu’effectivement, les courbes d’attention sont courtes, de l’ordre de 40/45 minutes. Etre un bon professeur aujourd’hui, c’est presque être un bon acteur. Il faut pour entraîner ses troupes et maintenir l’’éveil culturel.

Pépinière, incubateur?


Yannick ROUSSEL : Nous avons déjà eu ce débat avec des coachs. Je dirai grosso modo un espace de co-working où on apprend à travailler ensembles, avec des conseils en groupe : on partage des idées, et on se challenge entre nous. C’est l’occasion d’assister à des conférences, d’échanger avec les autres,  avec des coachs en groupe. Nous avons 10 coachs, dans tous les domaines d’activités, pour accompagner les jeunes. Nous demandons aux jeunes de faire un pitch pour savoir si leur projet est viable, s' ils y croient eux-mêmes et s’ils savent en parler et là on bascule vraiment dans l’incubateur.

Et financièrement, vous travaillez sur l’amorçage?
Yannick ROUSSEL : Pour l’instant, nous avons développé le co-working, cette zone pédagogique que j’évoquais. J'ai privilégié  l’internationalisation de The Why Not Factory. 
Nous avons reçu un prix de l’innovation et de l’entrepreneuriat à Rome. `Ca a été pour moi quelque chose de vraiment très fort. Et c’est le début de l’internalisation. Je voudrais créer un hub européen de l’entreprenariat. Echanger les pratiques.

 

Existe-il un modèle,de ce  genre en Europe?


Yannick ROUSSEL : En Italie, ce n’est pas le même éco-système qu’en France. Ils trouvent merveilleux qu’on puisse avoir des zones, des endroits dédiés pour lancer les jeunes. Il est probable que The Why Not  Factory un jour voit le jour à la mode italienne.
 Nous allons nouer de nombreux partenariats avec l’Italie et j’essaie actuellement de travailler avec Dublin, où historiquement l’ESAM et e Groupe IGS ont un campus.  La prochaine étape c’est l’amorçage. J'y travaille.

Vous m’aviez confié que vos locaux étaient un peu exigus, qu’en est-il aujourd’hui?


Yannick Roussel : 70 M2 sur deux étages, je suis en train d’étudier plusieurs options. Le Groupe IGS dispose de bâtiments, nous allons nous étendre un peu. Je pense que nous allons pouvoir trouver une solution pour septembre prochain. L’idéal 200M2 à proximité de l’ESAM. J’ai un cahier des charges, accessibilité handicapés, une cuisine parce que ils passent la journée ici et il faut qu’on leur offre les moyens d'y vivre pleinement leur passion.
Chaque année, on organise un séminaire entreprenariat à San Francisco avec les étudiants  et donc on voit ici ces modèles que j’ai un peu copié.
 C’est un voyage pédagogique que nous organisons avec la French-Tech et où nous visitons d’une part des entreprises comme  le labo de recherche de Renault dans la silicone valley. C’est extrêment intéressant et pédagogique. Nous nous rendons sur le site de Google et ensuite nous visitons des incubateurs ou des lieux d’innovation aux alentours.

Qu’est qui les différencie des incubateurs français?

Yannick Roussel : Déjà il y a une véritabe culture entrepreneuriale, que les français ont du mal à comprendre. C’est pour cela que j’ai choisi une méthode anglo-saxonne : mettre un pied devant l’autre et voir après avec une prise de risques limitée ou calculée afin de ne pas freiner le développement des entreprises. En France, lorsqu’on veut créer un incubateur, on veut tout d’un seul coup, des beaux locaux, etc. Aux Etats-Unis, on voit des petits boxes, avec de petites tables. Pour eux l’important, l’objectif, c’est de lancer une entreprise. A côté de ça vous avez une super cuisine, des zones de confort, des espaces collectifs.

Votre actualité?


Yannick Roussel : Nous lançons un master why Not, l’entrepreneuriat sans amphi. Soit on travaillera dans ce qu’on appelle le Lab, un univers très digitalisé, dans des entreprises, des musées, travailler de manière différente, la formation commencera par un PDJ. Ce qui n’est
absolument pas courant dans les écoles. Je trouve intéressant qu’on arrive vraiment dans la phase de la pédagogie concrète. Nous limiterons à 12 personnes ayant des projets et nous avons déjà des candidatures.

Des synergies avec les autres écoles spécialisées du Groupe

IGS ?

Yannick Roussel : Nous sommes en discussion avec l’IPI, école d'informatique. Nous travaillons déjà avec l’ICPA, Institu des médias,  sur des formats d’émissions.


A propos Yannick Roussel,

directeur de l’ESAM depuis le 4 octobre 2016 , Yannick Roussel est diplômé de l’ISPA (Institut Supérieur des Plastiques d’Alençon) et d’un MBA (titre «Manager un Centre de Responsabilités») à l’IFG (Institut Français de Gestion), Yannick Roussel crée en 2003 ASM développement, un cabinet conseil en Marketing et Stratégie pour les entreprises, après vingt-cinq années passées dans le secteur industriel. Passionné par la transmission des savoirs et l’enseignement supérieur, il devient en parallèle Directeur des Etudes pour les Entreprises et Professeur Associé à l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, l’ISTEC , puis chef d’établissement du campus Jemmapes. Après plusieurs créations d’entreprises, d’expériences managériales, il rejoint l’International Entrepreneurship Academy (INTENTAC) et assume la Vice-présidence INTENTAC France. L’entrepreneuriat et l’intrapreneuriat restent au cœur de ses préoccupations. Egalement passionné par le coaching, Yannick Roussel obtient une certification DISC qui lui permet d’apporter une aide pragmatique aux règlements de problèmes personnels ou managériaux. Nommé Juge Médiateur International à la Cour Internationale de Médiation et D’arbitrage ( CIMEDA) en octobre 2015, il s’intéresse depuis à MÉDIARBITRAGE©, une méthode éthique et efficace de règlement des litiges.