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Daniel Dussausaye s’entretient avec Jean-Charles Lajouanie, Directeur des rédactions de Disney Hachette Presse et Pauline de Bronac, Directrice marketing et commerciale de Disney Hachette Presse

Daniel Dussausaye s’entretient avec Jean-Charles Lajouanie, Directeur des rédactions de Disney Hachette Presse et Pauline de Bronac, Directrice marketing et commerciale de Disney Hachette Presse

Presse Edition 23/10/2008
Jean-Charles Lajouanie est depuis 2002 Directeur des rédactions des 13 titres édités par Disney Hachette Presse. Précédemment, Il a travaillé à Globe Hebdo, l’Express, TF1, Le Quotidien de Paris et Les Nouvelles Littéraires.

disneyok.jpg Pauline de Bronac est Directrice marketing et commerciale de Disney Hachette Presse. Elle a effectué toute sa carrière au sein de la régie publicitaire de DHP en tant que commerciale puis, Directrice de la publicité.

Créé en 1991, par Disney et Hachette Presse, Disney Hachette Presse emploie 50 collaborateurs et publie 13 magazines. En 2007 DHP a réalisé un chiffre d'affaires de 33,4 millions d'euros.




Comment se portent aujourd’hui les titres édités par votre groupe ?
Jean-Charles Lajouanie : A l’instar de l’ensemble de nos confrères, les ventes en kiosques de certaines de nos publications connaissent un certain ralentissement. Par contre, les abonnements se portent bien. Notre groupe détient un important portefeuille d’abonnés. Pour le Journal de Mickey, par exemple, nous comptons près de 100 000 abonnés. Ce qui est tout de même assez confortable. Cela nous permet de rester sereins. Mais nous n’abandonnons pas la vente au numéro, bien au contraire. Pour les développer sur les points de vente, nous avons créé des présentoirs et lancé un certain nombre d’actions de promotion.

Vous avez récemment lancé de nombreux nouveaux titres. Est-ce bien raisonnable dans un contexte de crise de croissance du segment de presse auquel vous appartenez ?
Jean-Charles Lajouanie : Grâce à la marque Disney, nous bénéficions auprès du public d’un très grand capital confiance. Cela signifie pour tout le monde, qu’un produit Disney ne peut être en aucun cas un épiphénomène, un coup. Chez DHP, nous nous inscrivons dans le long terme. La preuve, 95% de nos titres sont pérennes. Le Journal de Mickey existe depuis 1934, Picsou va fêter ses 30 ans, Mickey Parade vient de célébrer ses 40 ans.

Procédez-vous à des études de marché avant le lancement de nouveaux produits ?

Jean-Charles Lajouanie : Nous le faisons après le lancement du magazine. Nous avons créé un observatoire, il y a environ 4 ans. Nous y convions une dizaine d’enfants, un mercredi sur deux. Ils ne sont pas tous des lecteurs de nos publications. Nous leur demandons ce qu’ils pensent de nos journaux, ce qu’ils font dans les cours de récréation, etc.. Grâce à eux, nous détectons de nouveaux besoins, de nouvelles tendances, de nouvelles demandes, des tas de choses intéressantes.


Peut-on faire le point sur vos derniers lancements ?
Jean-Charles Lajouanie : Depuis avril dernier nous avons lancé trois nouveaux magazines. Le Monde de Cars (lancé le 30 avril), un mensuel qui s’adresse aux garçons de 4 à 7 ans. C’est un lancement important qui surfe sur le succès du film et de cette licence, qui se développe très bien. Le 9 avril, sortie de Playhouse Disney, un magazine, plutot mixte, dédié aux 4/7 ans. C’est un peu l’émanation de l’univers de la chaîne Playhouse Disney et des dessins animés Disney présents sur TF1. Nous avons ici de nouvelles familles de personnages en 3D très différents de ce que l’on a connu jusqu’à présent. Et, enfin, troisième lancement, High School Musical , qui est l’émanation de la comédie musicale, troisième opus, qui sort en salles au mois d’octobre. C’est un événement très important. Le film devrait être programmé dans 400 ou 500 salles.

Etes-vous en phase avec vos objectifs en terme de ventes ?

Jean-Charles Lajouanie : Pour Le Monde de Cars nous atteignons tout à fait nos objectifs. Nous souhaiterions, en période de croisière atteindre les 60 000 exemplaires, et nous n’en sommes pas très loin. Pour Playhouse Disney , nous avons fait un pari un peu audacieux. Nous avons lancé le magazine, à l’inverse de tout ce qui se fait dans ce domaine, sans aucun cadeau et sans “plus produit”. C’est un magazine qui se vend tout seul, qu’on peut feuilleter.

Pauline de Bronac : Malgré cela, les chiffres de ventes kiosques des premiers numéros se situent plutôt dans le haut de la fourchette de cette famille de presse.

A quel lectorat s’adresse High School Musical et comment se portent les ventes ?
Pauline de Bronac : C’est un segment très nouveau que Disney vient d’ouvrir, et qu’ils ont appelé les “tweens”. Il se situe entre le monde des enfants et celui des adolescents et touche les lecteurs de 10/14 ans.

Jean-Charles Lajouanie
: Aux Etats-Unis, cela va jusqu’à 25 ans et cela tourne à l’hystérie. Lorsque les garcons ou les filles aperçoivent les comédiens, c’est du délire ! Les ventes de High School Musical montent en puissance. Mais il est encore trop tôt pour vous communiquer des chiffres.


C’est donc pour vous, une nouvelle cible, autrement dit, un nouveau lectorat ?

Jean-Charles Lajouanie : Pas vraiment, parce que c’est également l’âge du lectorat sur la partie haute du Journal de Mickey , de W.I.T.C.H. Mag et de Picsou. Sur ces trois titres, nous commençons à 7 ou 8 ans, dès que la lecture devient autonome et indépendante. Après, cela va jusqu’à 14 ans, même si à cet âge là, les lecteurs n’achètent pas eux-mêmes le Journal de Mickey mais le piquent à leurs cadets ! Grâce à cette publication nous ouvrons un segment de lecteurs plus porté sur la musique et les stars.


Quels moyens de promotion avez vous mis en place pour conquérir ce lectorat ?
Pauline de Bronac : Aujourd’hui, nous nous appuyons surtout sur la promotion du film et celle de Disney Channel. De notre côté, nous avons créé sur DisneyChannel.fr un mini site sur lequel on peut feuilleter le magazine High School Musical. Nous avons également conclu des accords de partenariats avec les différentes entreprises du groupe Lagardère Active. Enfin nous avons utilisé la promotion classique des magazines, affichage, autopromotion, etc.

Est-ce qu’aujourd’hui votre famille de presse rencontre ses annonceurs, sachant qu’elle est notamment confrontée à la loi concernant la lutte contre l‘obésité ?

Pauline de Bronac : Globalement, en terme de ventes de pages publicitaires, nous possédons plus de 55% de part de marché. Il y a cinq ans, les annonceurs alimentaires représentaient 20% de notre CA. Aujourd’hui, ils représentent moins de 10%. Nous avons clairement perdu des annonceurs dans l’industrie agro-alimentaire et notamment ceux de la confiserie, ce qui est assez logique. Aujourd’hui, notre marché publicitaire se situe dans le secteur des loisirs et en particulier, tout ce qui concerne le cinéma, la video ( DVD, jeux video ) , les jouets et l’édition, un peu d’hygiène et beauté : les produits de beauté pour les enfants, les savons, les gels douche, les parfums, etc.

Vous avez récemment monté une opération petits- déjeuners des enfants avec Candia ?
Pauline de Bronac : C’est une opération réellement promotionnelle, plus marketing que publicitaire. Candia a lancé en août dernier un lait Disney avec Disney. Ils cherchaient une idée pour animer les dos de packs et nous leur avons proposé d’y imprimer des bandes dessinées. Les familles passent environ 20 minutes à prendre leur petit déjeuner le matin. On connaît les blagues imprimées derrière les boîtes de céréales, mais la bande dessinée, ça ne s’était jamais fait. L’idée c’est de rentrer dans les familles par le petit-déjeuner, grace à une operation inédite. Il y a 50 BD différentes qui tournent , avec un renvoi vers le Journal de Mickey . Ces packs de lait sont actuellement référencés chez Auchan et en cours de référencement chez Carrefour.

Dernière opération en date, chaque mercredi et pendant un an, le Journal de Mickey, publie une planche du dernier album de Titeuf , le Sens de la Vie ?

Jean-charles Lajouanie : Le meilleur de ce qui existe à l’heure actuelle dans le monde de la Bande dessinée est publié dans le Journal de Mickey. Dans chaque numéro, nous offrons à nos lecteurs 40 pages de BD dont 20 pages sont des productions Disney, les 20 autres proviennent de tous horizons. Il ne nous manquait plus que Titeuf, qui rejoint donc dans nos pages Ducobu, Parker et Badger, les petits Diables, les Profs, Mickey, Donald, Toto… notre dream team !

Qu’attendez-vous de cette publication ?

Jean-Charles Lajouanie : L’intérêt de l’opération, c’est la rencontre des deux univers. Parce qu’il y avait des gens qui lisaient Titeuf mais pas le Journal de Mickey et un plus grand nombre qui lisaient le Journal de Mickey, sans connaître Titeuf.

Pensez-vous développer des sites internet compagnons de vos titres ?

Jean-Charles Lajouanie : Dans notre cas, en raison du joint venture entre entre les sociétés Disney et Lagardère Active, c’est un peu plus compliqué. Il existe un grand nombre de sites Disney et de sites Lagardère. De plus, il est très difficile de monétiser des sites internet pour les enfants.

Pauline de Bronac : Nous travaillons sur un projet W.I.T.C.H. Mag qui sera mis en ligne début 2009. Nous allons créer un site assez complet avec beaucoup d’interactivité, beaucoup d’échanges entre les enfants. Tout cela dans un univers extrêmement sécurisé. Ca un problème majeur pour les sites pour enfants. Nous nous appelons Disney, nous devons apporter aux parents des gages de sérieux et de sécurité. Nous ne pouvons pas faire et dire n’importe quoi. Cela génére forcément des coûts supplémentaires par rapport à d’autres sites.

A fin octobre vous lancez un hors série consacré à la comédie musicale Camp Rock ?
Pauline de Bronac : C’est un évènement Disney dans l’univers de la musique et de la comédie musical. Un film diffusé uniquement à la télévision et qui est porté par un groupe de rock de trois jeunes frères, les Jonas Brothers. Aux Etats-Unis, ça marche très fort. Il arrive en France sur Disney Channel et sur M6. En un premier temps, nous allons testé le marché et lancer un hors-série au moment de la sortie du film, fin octobre prochain. Si le test est concluant, ce hors-série pourrait bien se transformer en périodique. Nous touchons ici la même cible que celle de High School Musical.