Presse Edition 03/11/2010
En 2011 pas moins de 19 nouvelles tablettes seront lancées en Asie, aux Etats-Unis et en Europe. Selon Gartner, Inc, en 2010 leur volume de ventes dans le monde devrait atteindre un chiffre record de 54,8 millions en 2011, soit une croissance de + 181% versus 2010 et dépasser les 208 millions d’appareils en 2014.
Bonne et mauvaise nouvelle pour les éditeurs de presse quotidienne et de magazines qui s’apprêtent à investir massivement dans les applications et qui pensent trouver, grâce à ces nouveaux marchés, un nouveau modèle économique et d’importantes sources de profits.
La bonne nouvelle, c’est que les utilisateurs américains de Ipad aux Etats-Unis, qui est la seule référence en la matière, consomment de préférence et dans l’ordre : des livres, de la vidéo et de l’information *et qu’ils passent davantage de temps sur ces grands écrans que sur ceux de leurs téléphones mobiles (Etude Nielsen). Un bon point pour les annonceurs qui peuvent adapter leur communication à cette spécificité et optimiser le rendement de leur investissements publicitaires.
La mauvaise nouvelle, c’est que sur ce marché naissant, il s’avère difficile, voire impossible de monétiser ses contenus. L’enquête réalisée aux Etats-Unis par nos confrères de AdAge auprès de 7 éditeurs de magazines pionniers en la matière démontre que les bénéfices sont encore loin d’être au rendez-vous . La part de chiffre d’affaires générée par les téléchargements des applications iPad par les utilisateurs américains varient, selon les éditeurs et les domaines qu’ils abordent, de moins de 1% à 7% des ventes des magazines en kiosques. De piètres résultats qui ont de quoi décourager producteurs de contenus et annonceurs « early adopters ». Des clients qui ne peuvent trouver un ROI satisfaisant, se considèrent encore comme des cobayes et ne parviennent pas à trouver une justification aux tarifs publicitaires demandés par les éditeurs. Reste à prouver qu’en terme de contenus payants, les déclarations des utilisateurs interrogés sont en parfaite adéquation avec la réalité. Si l’on se réfère aux différents chiffres révélés par les éditeurs de presse français qui ont tenté l’expérience du mur payant ou pay wall sur leurs sites internet, la partie est loin d’être gagnée. Il est légitime de douter que le changement de support puisse changer les mentalités des consommateurs qui considèrent qu'aujourd'hui, la gratuité reste le seul modèle acceptable pour l'information, qu’elle soit transmise via internet ou les mobiles.
• 30% des personnes interrogées déclarent passer plus de 30 minutes à lire les informations des quotidiens ou des magazines sur leur iPad.
** 62% des propriétaires de IPad ont acheté des applications jeux vidéo, 54% des livres, 50% de la musique, 45% de l’information et 45% des magazines.