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Entretien avec Claudine Roth-Islert, Directeur de fabrication des Editions Odile Jacob

Entretien avec Claudine Roth-Islert, Directeur de fabrication des Editions Odile Jacob

Presse Edition 30/03/2011

Vous êtes entrée dans l' Edition en 1977 chez Olivier Orban ?
Claudine Roth-Islert : Oui.Il m'a engagée à l'époque en tant que "super secrétaire -qui-devait-s'occuper-de-la fabrication " et, grâce à une solide formation « sur le tas » doublée d'une insatiable curiosité, j'ai appris beaucoup et gravi chez lui tous les échelons jusqu'à la direction technique. J'ai accompagné son ascension pendant plus de 16 ans jusqu' au moment où, ayant pris la direction de Plon-Perrin, après avoir vendu la maison Olivier Orban au Groupe de la Cité (futur Editis), il a déménagé rue Bonaparte et que les restructurations diverses m'ont conduite à un poste de chef de secteur à la direction de production de la Sogedif que j'ai quittée en 1994. J’ai ensuite rejoint Odile Jacob et j’y travaille depuis exactement 16 ans. Au début, j’étais seule à la direction de la fabrication. La production augmentant rapidement de façon importante, je me suis entourée d' une puis deux collaboratrices qui gèrent tout le suivi de fabrication pour la partie préparation, mise en composition, suivi d'épreuve, correction. Quant à moi, je me suis de plus en plus orientée sur la gestion de production : négociations, achats, veille technologique, optimisation des moyens de production et d'une manière générale, de tout ce qui a trait à la technique pure.


Vous avez été confrontée aux nouvelles techniques de production du livre ?

Claudine Roth-Islert : J’ai eu la chance extraordinaire d'être confrontée, dès mon arrivée dans le métier, aux nouvelles technologies, et finalement d'avoir à maîtriser les nouvelles avant les « anciennes ».Je suis arrivée chez Olivier Orban quasiment à l'avènement des Cameron. A l’époque, les responsables de fabrication, très imprégnés de tradition en matière d'impression, de finition, regardaient ces machines un peu comme un sacrilège. Pour moi qui n’y connaissais pas grand chose j'ai surtout vu en elles l'opportunié de produire vite et moins cher... ce qui faisait bien l'affaire d'un jeune éditeur qui lançait sa maison. Parallèlement, j’ai profité des balbutiements de la composition informatique avec les premières Composphères, puis vu apparaître le transcodage qui accompagnait l'avènement des PC, les scanners en gravure et les tables de montage avant l'implantation définitive de la PAO. J’ai donc accompagné et utilisé toutes ces technologies jusqu’à l’arrivée du numérique qui pénètre aujourd'hui le métier tous azimuts.


Quels sont à votre sens les avantages et les inconvénients du passage à la P .A.O. et à l’impression numérique ?

Claudine Roth-Islert : Peu d’inconvénients et beaucoup d’avantages, avec une réserve néanmoins sur le fait que la PAO dans l'édition devrait être employée par des professionnels qui connaissent les règles de l'art en matière de typographie, de montage et de chromie, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas ! Un des gros avantages du numérique pour nous éditeurs, réside dans le fait qu’on peut désormais disposer, en interne, de tous les éléments qui permettent la fabrication du livre. Le stockage des fichiers numériques constitue un énorme progrès. Cela permet non seulement une meilleure maîtrise du back office, mais également une meilleure gestion de l’impression. En fonction du tirage souhaité, on peut choisir l’imprimeur le mieux adapté à ses besoins. Et ce sans trop de douleur. Auparavant, lorsqu’on retirait les jeux de films de chez un imprimeur, c’était un peu vécu comme une vexation ou une mesure punitive, maintenant le fait de partir ne signifie pas qu'on ne va pas revenir. La qualité de sortie numérique est aujourd'hui très bonne et sur tout type de machines. La définition est souvent excellente.


Gain dans les délais, dans les process de fabrication et au point de vue économique ?
Claudine Roth-Islert : Pendant longtemps l’impression numérique a été plus onéreuse que l’offset. Et même quand le noir numérique a commencé à se positionner, la question fatale était « et pour la couverture en couleur, vous faites comment ? ». Aujourd’hui ce n’est plus un problème. Nous pouvons imprimer à la fois des couvertures quadri et des ouvrages noirs en petite quantité, à des prix tout à fait compétitifs en jouant simplement sur un panel de fournisseurs et de techniques, chose évidemment impossible il y a encore quelques années. Le problème réside toujours dans le pré-presse, puisqu’en la matière, lorsque les tirages sont modestes, il reste toujours aussi difficile à amortir.


Auparavant le numérique était réservé aux courts tirages. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

Claudine Roth-Islert : Ce n’est plus vrai grâce à de nouvelles machines qui ont fait leur apparition sur le marché et qui permettent des tirages moyens à moins du millier d' exemplaires et au-delà. Je parle là d'impression en noir, ce qui constitue la majorité de ma production. Depuis 2 ans il existe une machine rentable de ce type sur le marché, la Quantum de HP que j’ai testée dès le début. Je réalise désormais une importante production sur cette presse. J’obtiens une qualité impeccable. Y compris pour les similis. L’inconvénient de ce type de machines et de procédés, c’est la surcharge de noir qui peut générer une surfacturation d’encre, et l’encre numérique coûte très cher. Depuis peu, une deuxième presse numérique a été installée dans une imprimerie de la région Ile de France, la Prosper de Kodak que j'utilise également. Et là encore, j’obtiens une très bonne qualité d’impression. Dans les deux cas, nous sommes dans le bon sens papier et nous obtenons des ouvrages dont nous n'avons pas à rougir.


Et l’avenir, le livre numérique ?
Claudine Roth-Islert : Cela m’intéresse au plus haut point et ne m'empêche nullement de continuer à aimer les beaux livres, le beau papier, la belle impression. Je vis cela comme une nouvelle expérience passionnante dans laquelle je m'investis depuis déjà quelques années . Chez Odile Jacob, nous sommes en train de mettre en place, dans un premier temps un système d’archivage numérique, parce qu’il faut bien retrouver ses petits dans tous les fichiers accumulés tant bien que mal depuis des années et dont on ne savait pas à l'époque qu'ils auraient une nouvelle vie . Et derrière, nous travaillons à l'éventualité de la vente en ligne de livres numériques. Je dispose d'ores et déjà d’un certain nombre de fichiers pdf web ou e-pub que je teste sur mon iPhone et mon iPad, ou sur le Kindle de mon patron. Cela permet de voir non seulement la qualité du rendu et l'ergonomie, mais également la manière dont on peut appréhender ce type de livres... et surtout de se projeter dans l'avenir. Il est bien évident qu'à court ou moyen terme, nous serons amenés à publier des livres dynamiques, type e-pub créatifs ou autre qui pourront aussi bien comporter des séquences audio et vidéo que toute une panoplie d'interactions qui apporteront dès lors une véritable valeur ajoutée au livre traditionnel.



Les Editions Odile Jacob

Date de création :  1986
PDG : Odile Jacob
DG : Bernard Gotlieb
Domaines abordés : Sciences humaines, Sciences, Psychologie, Documents, Histoire, Santé - Vie pratique, Economie, Éducation, Psychanalyse, Développement personnel, Médecine
Effectifs : une trentaine de personnes
Nombre d'ouvrages au catalogue : 2000 titres environ + une collection de poches de 250 titres
Prévus en 2011 : 180 nouveautés grand format et poches confondus
Responsables de fabrication : Claudine Roth-Islert, assistée de Marine Le Guen et Jeanne Pérou.










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