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Entretien avec Lara Rouyrès, Directrice, co-fondatrice de Selectionnist

Entretien avec Lara Rouyrès, Directrice, co-fondatrice de Selectionnist

Presse Edition 11/11/2015

Suite au succès du site permettant de retrouver en un clic et d’acheter les produits vus dans la presse magazine, vous lancez l’appli smartphones et tablettes en novembre 2014?
Lara Rouyrès : Partant du principe que  le troisième usage d’un téléphone portable, c’est de prendre des photos, nous avions la conviction que les lectrices et lecteurs allaient flasher les pages des magazines avec leur smartphone et les digitaliser au lieu de les déchirer. Cela a eu un tel succès que l’application a émergé tout de suite. Nous avons été classés pendant plusieurs jours dans le Top 1 des applis Apstore. A partir de janvier nous avons commencé à analyser le comportement  des utilisateurs. Et nous avons recueilli un grand nombre d’informations sur leurs comportement et les thématiques des sélections qu’ils flashaient.


Comment avez vous évangélisé les lecteurs des magazines?

Lara Rouyrès : Nous devions provoquer le réflexe du flash, puis instaurer des partenariats avec les éditeurs des magazines, les agences de communication et les annonceurs. Les marques sont les premières intéressées par cette technologie. Les annonceurs avaient envie de digitaliser leurs campagnes publicitaires, leurs annonces pour échanger avec le lecteur, lui proposer sur mobile un contenu différent de celui qu’on voit sur le papier et recueillir des informations sur leurs cibles. Qui sont-ils? Qui s’intéresse à leurs produits? Dans quel contexte? Nous avons donc créé une offre à destination des annonceurs qui permette de digitaliser les annonces publicitaires et les rendre connectées, Certains nous voient comme un “QR code de luxe”.


Vous utilisez la technique du QR code?
 Lara Rouyrès : Absolument pas! Nous utilisons une technologie de reconnaissance d’images développée en partenariat avec l’INRIA. Les annonceurs, les agences et les médias nous envoient leurs visuels. Nous les référérençons et les associons à une experience, des boutiques à proximité, des opérations de drive-to-store, du contenu, de la video, un jeu concours,...


Quels vos interlocuteurs privilégiés?

Lara Rouyrès : Nous avons constaté que les annonceurs avaient intérêt à digitaliser leurs campagnes publicitaires et qu’ils  avaient une certaine appétance pour ces nouvelles technologies de reconnaissance d’images. Nous pensions également qu’il fallait associer les supports pour qu’ils évangélisent leur lectorat à notre service. Pour eux, nous sommes apporteurs d’affaires et travaillons main dans la main avec leurs régies, parce que nous leur permettons, grâce aux publicités connectées, d’élargir leur clientèle et de proposer à leurs propres annonceurs des campagnes publicitaires digitales liées à du print. Selectionnist permet d’utiliser le print comme porte d’entrée vers le digital.


Pourquoi les éditeurs sont-ils au coeur de votre dispositif?
Lara Rouyrès : Nous sommes convaincus que le réflexe de flasher viendra par l’intermédiaire de l’éditorial,  avec la même application que celle permettant de flasher la publicité. Il faut donc que l’éditeur ait envie de parler de ce nouveau service et de ses nombreux usages. Nous avons signé en mars dernier, un partenariat avec Lagardère Active pour le numéro spécial accessoires de ELLE que nous avons rendu 100% connecté. Les retours ont été à la hauteur de notre espérance et bien au delà de ce qui avait été fait avec la réalité augmentée. Un nouveau partenariat a été mis en place depuis la rentrée. Et le modèle a été répliqué un grand nombre de titres de presse que nous associons ainsi à toutes les campagnes désormais connectées.


Qu’est que les gens flashaient ?
Lara Rouyrès : Assez naturellement d’abord l’éditorial et les sélections shopping et ensuite les pages de publicité. Celles notamment centrées sur un produit.

Comment s’intègre l’agence dans ce process ?
Lara Rouyrès : Elle réfléchit pour le compte de l’annonceur. C’est souvent elle qui nous contacte. Les agences sont très prescriptrices. Elles sont très enthousiastes et souhaiteraient, chaque fois qu’elles créent une campagne print, nouer un accord de digitalisation de la campagne. C’est le cas chez Zenith, chez Havas, etc. Mais chaque client est un cas different avec des objectifs propres. L’agence nous contacte selon les objectifs des annonceurs : génération de traffic en point de vente, association à du brand content, creation de relation marque / consommateur… Bref, nous adaptons chacune de nos propositions aux objectifs de la marque.


Vous pensiez développer d’autres partenariats et notamment la presse déco etla presse masculine?
Lara Rouyres :  Nous avons étudié le marché de la presse décoration. C’est un créneau très porteur et les consommateurs sont en attente de ce type de services. Nous réfléchissons à comment intégrer cette famille de presse, mais couvrons en attendant les rubriques déco des magazines généralistes. Le problème est, en termes de ressources, de référencer tous ces produits qui ne sont pas toujours identifiables, l’offre étant  complétement éclatée. Pour nous c’est un investissement pour identifier les produits et référencer les endroits où ils sont vendus. Nous devons également nous assurer qu’il existe sufisamment d’annnonceurs intéressés pour digitaliser leurs campagnes publicitaires.


Quelle est aujourd’hui votre priorité : convaincre l’annonceur, l’entreprise ou les supports?

Lara Rouyrès : Les trois, mais pour que ça marche et pour créer ce nouveau marché dans le monde de la publicité magazine, il faut que les éditeurs jouent le jeu. Si chacun fait cela dans son coin, cela ne fonctionne pas. Il faut créer un nouveau réflexe d’usage du flash parce que dans 5/10 ans, tout passera par l’image. Passer par Selectionnist, c’est utiliser un lecteur universel qui permet de connecter tout type de magazine. Le lecteur n’aura pas une application par marque ou par titre de presse ou alors uniquement pour les titres dont il est très fidèle. Il faut donc créer ce réflexe du flash pour prouver que la presse magazine est un formidable déclencheur d’intention et d’émotions.


Pensez-vous développer Selectionnist à l’international? Aux USA par exemple?

Lara Rouyrès : C’est difficile de dire que le marché américain ne nous intéresse pas. Mais l’Europe est aussi stratégique, certains se sont déjà inspirés de notre modèle, en Espagne, en Grande-Bretagne. Nous souhaiterions plutôt accompagner les annonceurs et leurs agences à l’international, parceque la plupart du temps, leurs campagnes sont identiques.


Vous allez lancer une nouvelle offre pour les annonceurs?
Lara Rouyrès : Nous vendons aujourd’hui notre technologie aux annonceurs au coup par coup par campagne. Nous sommes en train de monter une plateforme pour le faire de manière récurrente et automatique. Un service que nous allons lancer prochainement afin de  permettre aux marques de digitaliser elles-mêmes leurs campagnes pour les associer à une solution direct-to-store, à un jeu concours, à du contenu, etc. Ce service sera disponible sous forme d’abonnement.


En mars  dernier vous avez levé 2 millions d’euros auprès de 2 millions d’euros auprès d’Elaia Partners et de Conegliano Venture. Comment utilisez-vous ces fonds et où en est l’entreprise Selectionnist aujourd’hui?

Lara Rouyrès : Nous employons 12 personnes. Nos investissements concernent surtout les développements informatiques et la communication.


Start-up fondée en France en 2014 par 2 serial entrepreneuses. Tatiana Jama et Lara Rouyres, Selectionnist est la première solution web et mobile permettant aux lecteurs de presse magazine d’indentifier et  de retrouver l’ensemble des produits sélectionnés par la presse à travers 5 univers dédiés : Mode, Beauté, Déco, Culture, Enfant. Souvent vu par les lectrices de presse et les marques comme le service que l’on attendait «le shazam des magazines» ou «la destination inspiration pointue du moment», Selectionnist a été élue start-up innovante de l’année 2015 par les IMC Awards.