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Exclusif : Entretien avec Cedric Ponsot,
Directeur général de Vivendi Mobile Entertainement (Vivendime) et de zaOza

Exclusif : Entretien avec Cedric Ponsot,<br>Directeur général de Vivendi Mobile Entertainement (Vivendime) et de zaOza

Presse Edition 29/09/2010

Comment a démarré le projet zaOza ?
Cédric Ponsot : lancé officiellement il y a deux ans, zaOza a été créé en 2007 quand le groupe Vivendi a décidé de se lancer et d’innover dans le domaine des plateformes distribuant du contenu payant.
Dans une première phase, nous avons monté les plateformes technologiques et le financement, constitué les équipes, signé les premiers contrats avec les ayants droit et les distributeurs avant de nous lancer commercialement. Depuis nous avons essaimé en Allemagne et d’autres pays sont actuellement à l’étude


Quelle est aujourd’hui la nature de l’offre zaOza ?
Cédric Ponsot : Elle est simple : il s’agit d’offrir pour un abonnement sans engagement de 5 euros par mois une sélection du meilleur des Films, séries TV et vidéos, Jeux PC et mobiles, applis et musiques .
Il y a également d’autres fonctions associées, comme le partage, le stockage, etc. Tout ceci est accessible par téléphone/Smartphone, PC et très bientôt TV par l’internaute. Cependant la première valeur de l’offre zaOza reste le téléchargement à volonté.


Précurseur ou suiveur ?

Cédric Ponsot : Précurseur bien sûr. À ce jour nous ne nous connaissons aucun concurrent. La spécificité de l’offre zaOza, très en avance à l’époque, c’est la notion de multi-contenus par abonnement accessible depuis n’importe quel écran connecté. Toutes les informations et fichiers sont stockés dans un « serveur central » qui permet cette fluidité d’utilisation. Sans le vouloir, nous avons, il y a déjà quatre ans, défini le principe du « cloud computing », très en vogue aujourd’hui. Vivendime est donc précurseur, à la fois sur l’offre et sur l’analyse des grandes tendances de fond qui sont en train d’arriver actuellement.


Comment expliquez-vous le succès de zaOza ?

Cédric Ponsot : Tout d'abord, c’est une promesse extrêmement simple dotée d’un prix très abordable : 5 euros pour télécharger plusieurs albums, des séries TV, des jeux…. C’est très séduisant. Mais c’est aussi le fait d’avoir réussi à développer une interface utilisateur très compréhensible (notamment pour le paiement) qui s’appuie essentiellement sur le téléphone mobile.


Quel est le modèle économique de zaOza ?

Cédric Ponsot : C’est un système d’abonnement très classique. Plus notre client est fidèle et plus le modèle est rentable.


Aujourd’hui, ça n’est pas encore profitable ! À quel horizon pensez-vous le devenir ?

Cédric Ponsot : Nous visons le début 2012. Dans un modèle payant, vous investissez davantage pour recruter les clients que dans un modèle gratuit qui se rentabilise par la publicité ce qui allonge le point de rentabilité mais garantit également une plus forte création de valeur.


Comparé à un Itune, votre catalogue musique n’est-il pas un peu léger ?

Cédric Ponsot : Notre catalogue n’est pas exhaustif et c’est volontaire. Nous proposons quelques milliers de contenus au quotidien, que nous adaptons à la demande et à notre cible. Et surtout, nous nous renouvelons tous les jours. Et n’oubliez pas que nous sommes très exhaustifs en matière de multicontenus, le nouveau mode de consommation de la nouvelle génération. Les gens préfèrent aujourd’hui écouter ou regarder ce que leur communauté fait plutôt que d’accéder à une liste de millions de chansons ou films ou il est impossible de s’y retrouver… L’éditorialisation, la recommandation de son entourage est la clé des succès de demain. Pourquoi croyez-vous qu’Apple se lance avec Ping ….


Les internautes peuvent-ils acheter d’autres produits que le forfait ?

Cédric Ponsot : Nous avons voulu rester très accessible, avec une seule offre : 5 euros pour tout le catalogue. Avant la fin de l’année, nous envisageons de lancer, plus en Allemagne qu’en France, des catalogues plus larges sur certains domaines comme la VOD et à ce moment-là, au-delà des 5 euros forfaitaires, les gens pourront disposer de plus de contenus spécifiques.


Quel est le taux de renouvellement des forfaits ?
Cédric Ponsot : secret défense ☺


Peut-on imaginer que vous deveniez producteurs de contenus ?
Cédric Ponsot : Oui, nous pouvons l’envisager. Nous avons d’ailleurs déjà produit des contenus, notamment dans le domaine des jeux. Nous avons lancé plusieurs applications, qui fonctionnent très bien sur les téléphones et autres. Nous avons aussi sorti en exclusivité une application sur le foot. Du reste, certains distributeurs nous ont contactés pour la vendre et nous allons continuer à faire quelques produits de ce type, notamment dans la vidéo ou nous sommes déjà producteurs en Allemagne.


Allez-vous vous lancer dans le livre ?
Cédric Ponsot : Nous avons commencé avec la BD et c’est davantage sur ce créneau plus porteur que nous allons investir avec l’arrivée de l’IPAD, qui correspond le plus à notre cible des 15/35 ans. Nous observons aussi avec attention le marché du livre. Il s’avère facile d’adapter un catalogue de livres à tous les écrans.


Rencontrez-vous des difficultés pour trouver des accords avec les grands éditeurs ?

Cédric Ponsot : Nous avons été précurseurs dans pas mal de domaines et d’endroits. Il a fallu convaincre les professionnels de la musique, puis ceux des jeux, et enfin les producteurs de films vidéo qui ont des modèles très définis. Pour ce qui concerne l’édition, au début, il a été plus facile de s’entendre avec les éditeurs de BD qui ont déjà fait des expériences dans ce domaine. Mais le secteur évolue très vite.


Et l’international ?

Cédric Ponsot : En accord avec le groupe, nous avons souhaité y aller à notre rythme. En effet, instaurer un modèle payant nécessite un gros investissement de départ. Pendant un an et demi, nous avons testé et ouvert le marché en France. Il y a quelques mois, nous nous sommes lancés sur le marché allemand. Cela nous permet de faire bénéficier nos équipes allemandes de tout le savoir-faire que nous avons acquis et d’aller beaucoup plus vite pour rentabiliser le modèle. Et le démarrage s’avère être un très gros succès !
Si cela est bien confirmé dans les prochaines semaines, nous nous développerons sur d’autres marchés en Europe et Afrique du Nord . Nous sommes déjà en discussion avec plusieurs partenaires afin d’accélérer ce développement.


Votre actualité et vos projets ?
Cédric Ponsot : Proposer de nouveaux contenus et ouvrir de nouveaux moyens de distribution. En terme de distribution numérique, nous allons continuer à développer des applications avec l’IPad et les télés connectées. Nous souhaitons élargir notre offre de contenus, en fonction de ces canaux. Nous sommes en train d’ouvrir ce service et nous annoncerons très prochainement des partenariats avec des constructeurs. Autre projet : trouver de nouveaux canaux de distribution physiques. Nous allons travailler avec la grande distribution traditionnelle, et notamment les supermarchés et hypermarchés Casino. Nous sommes, par exemple, aujourd’hui distribués dans toutes les stations-service AVIA et les TGV ainsi que la quasi-totalité des bureaux de tabac en France.

Ingénieur Agronome et diplômé d’un mastère de 3e cycle à l’ESSEC, Cédric Ponsot démarre sa carrière chez Danone France. Après dix années passées dans le groupe Danone dans différentes fonctions marketing et commerciales au niveau Français et Européen, il intègre le monde des Télécoms et devient Directeur Marketing de SFR de 1997 à 2000 où il contribue activement à l’incroyable croissance et développement de cette société, notamment en lançant les premiers services de contenu pour téléphones mobiles.
En 2000, il participe à l’expansion du groupe Vivendi Universal dans le domaine des nouvelles technologies et devient Vice-président Marketing International pour Vivendi Universal Net. En 2002, il fonde Universal Music Mobile International et en est nommé Président. Pendant 4 années, il développe la société avec succès dans une cinquantaine de pays, devenant ainsi un des pionniers dans les services de contenu digitaux. Fin 2006, A la demande des dirigeants du groupe Vivendi ,il participe à la création d’une nouvelle société: Vivendi Mobile Entertainment qui commercialise le portail zaOza, dont il est aujourd’hui le Directeur Général depuis janvier 2007.




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Géraldine Lamy

Géraldine Lamy

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