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Accords Association IPG/Google : 60 millions d’euros , une goutte d’eau dans l’océan, par Daniel Dussausaye, Directeur de la rédaction de Presse Edition

Accords Association IPG/Google : 60 millions d’euros , une goutte d’eau dans l’océan, par Daniel Dussausaye, Directeur de la rédaction de Presse Edition

Presse Edtion 06/02/2013

«Première mondiale. Accord historique» président et ministres de la république ont annoncé à grand renfort de publicité la signature, par François Hollande et Eric Schmidt Chairman de google d’un accord prévoyant notamment le versement de 60 millions d’euros par Google pour alimenter un fonds d’aide à la presse pour sa mutation numérique.

60 millions d’euros , une goutte d’eau dans l’océan des profits du moteur de recherche qui annonçait pour le 4e trimestre 2012, un chiffre d’affaires hors Motorola de 14,42 milliards de dollars US, dont $6.9 milliards de dollars hors Etats Unis (soit 54% de son chiffre d’affaires total) et un bénéficie opérationnel de 3,39 milliards de dollars US, soit 24% de son CA trimestriel
Au Royaume-Uni, pour la même période, le géant du web annonce un CA de $1.30 milliards de livres sterling- 1,495 milliards d’euros- soit 10% du chiffre d’affaires mondial du 4e trimestre 2012. En France, on estime le chiffre d’affaires annuel du moteur de recherche entre 800 millions et 1,5 milliard d’euros, et un bénéfice opérationnel annuel qui pourrait se situer entre 200 et 350 millions d’euros. Pour l’année 2010, selon lexpress.fr Google France n’aurait déclaré que 68,7 millions d’euros. Cherchez l’erreur !
Pour en revenir à l’accord signé avec les éditeurs français, le seul risque financier pour Google, confronté aux revendications de syndicats d’éditeurs de presse en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Suisse, serait d’avoir à appliquer les mêmes mesures dans la plupart des pays dans lesquels il opère. Pour une cinquantaine de pays, la firme de Mountain View engloutirait ainsi l’équivalent d’un 10e de son bénéfice trimestriel. Pas de quoi mettre en péril l’entreprise !

Par ailleurs, les accords passés entre IPG et la firme californienne semblent ne concerner que la presse d’information générale et politique et élimine de fait toutes les autres familles de presse et plus particulièrement la presse spécialisée et professionnelle, une presse que Google indexe de la même manière que l’ensemble de la presse française. Dans une période où gouvernement et politiques semblent vouloir concentrer les aides à la presse essentiellement sur les titres de la presse d’information générale et politique, il se pourrait que les moyens et petits éditeurs n’aient à compter que sur leurs propres forces dans leur combat futur avec le géant américain pour recevoir une juste rétribution pour les contenus qu’ils produisent.