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Entretien avec Edouard Rencker, Co-président du groupe Makheia

Entretien avec Edouard Rencker, Co-président du groupe Makheia

Presse Edition 20/05/2009

Fruit de la fusion des sociétés Image force et Mediagérance en juin 2008, le groupe Makheia, l’art du combat en grec ancien, revendique le premier rang des groupe indépendant de communication d’entreprises en France. En 2008, Makheia, qui emploie 280 collaborateurs, aura dégagé une marge brute de 26 millions d’euros pour un CA de 36 millions
*Principaux actionnaires de Makheia : actionnariat composé pour 65% des dirigeants opérationnels (Franck Jaclin, Edouard Rencker, Jean-Bernard Tailheuret, coprésidents du groupe) et des partners. Il est coté à l’Euronext Paris et implanté à Paris, Lyon, Bruxelles, Genève et Singapour.



Qu’est-ce qui vous a conduit à vous rapprocher du groupe Médiagérance pour créer Makheia ?
Edouard Rencker : Le 18 janvier 2008, nous avons signé un protocole d’accord en vue du rapprochement des groupes Image Force et Médiagérance, qui devait être réalisée à la mi-juin. Pendant 6 mais, nous avons eu le temps de réfléchir au modèle d’entreprise que nous allions mettre en place pour la nouvelle société : harmonisation de nos métiers, organisation et mise en place des synergies. Pour l’ensemble des 2 entités, nous avons dénombré 18 sociétés, nombre que nous avons ramené à 5 en moins d’un an. Nous avons évidemment conservé les marques les plus connues, qui sont : Sequoia, Franklin, Makheia Affinity, Makheia Mediamanagement. Nous nous sommes recentrés sur 3 métiers , le corporate, qui représente plus de la moitié de notre chiffre d’affaires, le marketing services, dans lesquels opérent Makheia Affinity et Place Du Marché et les plateformes collaboratives pour la communication et l’édition.



Etait-ce bien raisonnable de créer un groupe aussi important , qui de plus n’est pas adossé à un grand groupe de communication international ?
Edouard Rencker : Il devenait indispensable pour notre groupe d’élargir la palette de ses prestations et notre taille actuelle nous permet d’offrir aux annonceurs l’éventail de services qu’ils souhaitent aujourd’hui. Le fait que nous ne soyons pas adossés à un groupe de communication international, comme nos plus grands concurrents, aurait pu constituer un lourd handicap si nous n’avions pas pris soin de préserver l’identité et l’autonomie de nos différentes entités.



Vous couvrez désormais tous les domaines de la communication d’entreprises ?
Edouard Rencker
: A l’instar de nos principaux compétiteurs, nous couvrons l’ensemble des segments de la communication des entreprises. En d’autres termes, nous avons quitté la sphère traditionnelle de notre marché, l’édition d’entreprise, pour nous positionner en tant que groupe généraliste et corporate avec une forte culture technologique. Nous avons par ailleurs également une équipe de professionnels dédiés à la communication événementielle et nous opérons aussi dans le domaine de la publicité commerciale, grâce à notre ex-entité Machination qui a été repositionnée sur la publicité corporate et institutionnelle


 

Qu’en est-il du 3e pôle de Makheia ?
Edouard Rencker : La principale mission du pôle Solutions collaboratives et plateformes est d’installer et d’intégrer des logiciels dans les entreprise afin d’accompagner et de simplifier leurs stratégies de communication. En fait, nous mettons en place ce qu’on appelle des outils collaboratifs. Ces outils sont déjà utilisés chez Sequoia pour la réalisation de 5 publications (dont des éditions régionalisées ou personnalisées) Nous développons également des outils de suivis marketing qui permettent notamment le déploiement et le contrôle d’une charte graphique ou d’un territoire de communication.
 

 

C’est une nouvelle activité ?
Edouard Rencker : C’est activité est assez récente. Qui est essentielle pour le groupe. Elle permet de mettre en place en amont des stratégies éditoriales que nous serions incapables de proposer à nos clients si nous ne disposions pas cet outil. Pour la société d’autoroute Sanef, qui nous a récemment remis en compétition et que nous avons gagnée, nous avons développé une plateforme qui permet à chaque région de traiter, de manière autonome, ses propres informations locales. De plus nos outils logiciels permettent à nos clients , dans la plupart des cas, d’économiser jusqu’à 30 % sur leurs budgets édition. Notamment en supprimant les taches chronophages ou en réduisant les rédondances dans le traitement des contenus.
Dans les années 1991, il y a eu l’explosion du multimédia ainsi que de l’internet. A cette époque, vous aviez crée un pôle internet Affinity.


Quelle est la mission de ce qui devenu Makheia Affinity ?
Edouard Rencker : La mission principale d’Affinity est d’accompagner nos clients dans leurs stratégies marketing et digitales. Ses points forts : une forte culture d’accompgagnement et une forte valeur ajoutée concernant la culture marketing. En résumé, nous développons des stratégies internet à fort contenu.

 

 

Quelles sont les demandes des annonceurs dans le domaine du corporate ?
Edouard Rencker : Face à la crise actuelle, Ils se sentent un peu perdus. De ce fait ils seraient de plus en plus demandeurs de conseils en stratégie de contenus. Par ailleurs, ils demandent une meilleure visibilité au marché. Les annonceurs sont déboussolés parce, aujourd’hui dans le monde des agences, tout le monde revendique tout et toutes les compétences. De ce fait, les frontières qui étaient déjà poreuses entre certains métiers de la communication ont aujourd’hui totalement disparu. Ce qui génére une grande confusion alimentée par le phantasme du 360° qui ne fait que brouiller les cartes de la com. A notre avis, il est, au contraire, aujourd’hui indispensable de revenir au métier du contenu et de redonner au corporate sa valeur et confirmer ses missions.


Est-ce que l’annonceur ne pourrait pas maîtriser lui-même ses contenus ?
Edouard Rencker : En fait, pour être honnête, une agence ou une entreprise, aussi talentueuse soit-elle, ne peut pas maîtriser l’ensemble des problématiques de contenus. Concrètement, l’agence doit avoir le recul nécessaire et l’expérience d’autres entreprises et d’autres problématiques. Cela permet un enrichissement des compétences, un regard plus frais et extérieur. Et nous sommes légitimes pour ce qui concerne la stratégie, la perception, la mutualisation, les conseils sur les flux, etc. Mais au quotidien, la formule gagnante réside dans véritable co-partenariat entre agences et annonceurs.



En 1990, les agences corporate étaient reines sur le marché de la communication . Dix ans plus tard, elles ont presque toutes disparu du marché ?
Edouard Rencker : Aujourd’hui, les agences corporate redeviennent le modèle par excellence, et ce pour deux raisons principales. En premier lieu, parce qu’il y a eu beaucoup d’excès dans les autres métiers de la communication. Des abus qui ont perturbé les consommateurs . C’est pour cela qu’il faut revenir à l’ère du corporate. Parce qu’il est indispensable que les entreprises reviennent sur les fondamentaux. Et à ce titre-là, les fondamentaux du corporate séparent clairement ce qui est du domaine de la communication de marque et produit de ce qui est du domaine du message institutionnel. Selon nous, le message institutionnel doit être fiable, vrai et crédible et non pas « fun et sexy » et surfant sur l’imaginaire. Car ça n’est pas ce qu’on lui demande.



Selon vous, la crise va redonner du sens à la communication corportate et de la crédibilité aux agences qui la pratiquent ?
Edouard Rencker : Oui, parce que c’est justement en période de crise qu’il faut être sérieux et rationnel pour mieux rassurer les clients.



De ce fait, est-ce qu’il n’y a pas un nouveau langage à créer ainsi qu’une nouvelle approche, dans la mesure où le consommateur d’aujourd’hui n’a plus confiance ?
Edouard Rencker : Tout à fait, d’autant plus que tout le monde est échaudé : le consommateur, mais également l’actionnaire, les salariés et tous les autres partenaires de l’entreprise.


Allez-vous proposer à vos clients de nouveaux modèles de communication ? Plus authentiques ?
Edouard Rencker
: Notre conviction est que l’entreprise du vingt et unième siècle doit être « authentique ou mourir ». Cependant, c’est plus facile à dire, qu’à réaliser. Nous avons longuement travaillé cet hiver sur la manière de parvenir à cette authenticité. De cette réflexion intensive sont nées deux méthodologies distinctes. L’une qui recouvre ce que nous appelons le “langage de marque” et qui permet d’identifier quel est le champ d’authenticité dans le choix des mots ». L’autre, qui part du concept « d’’analyse de l’empreinte de marque corporate”, permet de définir en fonction de l’ADN de l’entreprise quels territoires d’expression l’entreprise peut investir en restant crédible et authentique.