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Entretien avec Amalric Poncet,
Directeur Digital & Internet du groupe Marie Claire

Entretien avec Amalric Poncet,<br>Directeur Digital & Internet du groupe Marie Claire

Presse Edition 18/01/2011

Amalric Poncet, 42 ans, est le Directeur Digital & Internet du groupe Marie Claire. En 2009, GMC prend le contrôle de magicmaman .
En 2007, sa société se rapproche du Groupe Marie Claire, avec lequel il crée un GIE. En 2001, il rachète magicmaman et Kidiweb.
Il quitte la société en 1999 pour lancer, en février 2000, avec un de ses amis, Sébastien Lépinard, un site internet sur le parental Zelius.
En 1997 , il devient Directeur marketing, chargé du développement des nouveaux produits, puis responsable, des grands comptes et enfin Directeur commercial du groupe Photomaton.
En 1994 , il rejoint, en tant que responsable du développement, une agence de communication spécialisée dans l’univers de l’alimentaire. A. Poncet crée sa première entreprise, dans le secteur des services à domicile, à 21 ans.


Pourquoi vous-êtes vous rapprochés du groupe GMC en 2007 ?
Amalric Poncet : En 2007, nous assistions dans le milieu de l’internet à un important mouvement de concentration. A l’époque, le groupe Springer rachetait aufeminin.com, Lagardère Doctissimo et Infobébés. Nous, nous n’étions rapprochés de personne et nous nous demandions si, face aux groupes importants qui se constituaient, nous allions rester leaders sur notre marché. Nous avons alors cherché des solutions de croissance externe et le hasard a fait que nous avons rencontré le Groupe Marie Claire . Nous avons pensé qu’il y avait quelque chose à construire autour du parental et nous avons décidé de nous rapprocher du groupe Marie Claire afin d’être plus puissants sur la cible féminine. Cette alliance a pris la forme d’un GIE en septembre 2007 qui s’est concrétisé par la mise en commun de la technologie, d’une régie commerciale et d’un service marketing. Cela a bien fonctionné et GMC a racheté magicmaman en 2009.


Que représente aujourd’hui la BU que vous dirigez ?

Amalric Poncet
: Nous avions 50 collaborateurs à nos débuts en 2007, et aujourd’hui nous en comptons plus de 100. Nous gérons 15 marques environ et notre objectif et de faire vivre ces marques sur le numérique.


Arnaud de Contades, le Directeur général du groupe vous avait fixé un objectif : atteindre 10 % du CA du groupe France dans le numérique. Avez-vous atteint cet objectif ?

Amalric Poncet : C’est le cas depuis 2 ans. Entre 10 et 12 %. Nous avons réalisé un premier chiffre d’affaires au premier semestre 2011 en progression versus l’an dernier, mais le second semestre n'a pas connu la même croissance. Au global nous allons terminer 2011 sur un bilan étal par rapport à l’an dernier, parce nous avons su compenser par des revenus annexes comme l’intermédiation commerciale.


Quel type d’organisation avez-vous mis en place ?

Amalric Poncet : Chacune des marques a un site internet correspondant. Chaque site dirigé par d’une responsable
qui gère son audience, son compte d’exploitation. Elle dispose d’une équipe de rédaction dédiée, de moyens marketing propres. Et elle fait appel à nos services centralisés pour la technique, le marketing et le commercial.


Quelles relations entretiennent les équipes de rédaction du print et du web ?
A. Poncet : Beaucoup d’efforts ont été faits sur le rapprochement du travail des équipes éditoriales Print et Web. Les conférences de rédaction sont communes aux gens du web et du print. Les événements développés par les rédactions des titres sont programmés très en avance et nous nous efforçons de les penser et de les relayer, le plus en amont possible. C’est par exemple le cas de l’opération cancer du sein, la flamme Marie Claire ou encore les fashion week qui ont été développés au sein du magazine mais également sur le site mais également sur facebook et sur les mobiles.


Les gens de la pub devraient être capables de vendre internet et le papier ? Pourquoi existe-t-il au sein de GMC une régie dédiée ?

Amalric Poncet : La raison est à la fois historique et technique.
Les activités digitales ont été historiquement développées par des équipes distinctes à la fois chez les annonceurs et au sein des régies : les dispositifs, les éléments techniques liés aux mises en ligne et d'une manière générale les cultures étaient différentes et expliquaient cette organisation. Il était également difficile de faire coincider des campagnes digitales souvent validées quelques jours avant leur mise en ligne avec des campagnes print validées plusieurs semaine avant la sortie des magazines. Le média Internet étant maintenant bien installé dans les esprits des annonceurs on assiste à une ré-organisation des agences autour de pôles conseil qui savent, dés la prise de brief intégrer des dispositifs à la fois on et off même si les temporalités des supports sont différentes.
Nous répondons donc de la même manière au sein du Groupe Marie Claire en proposant des dispositifs bi-media ou cross media , ceux-ci étant réalisés par un binome print-digital.


Parmi les différentes marques du groupe, quels sont les sites qui affichent les meilleurs résultats ?

Amalric Poncet : En 2011, tous nos sites ont progressé de 20 à 25 % en terme d’audience. Avec un net progrèspour de Marie Claire et Cosmopolitan , ce qui nous permet d'affirmer notre position sur le setcteur des sites féminin.. Cette année, nous avons lancé le site de Marie Claire Idées. Nous continuons à être leaders dans les univers du parental avec magicmaman et famili et à occuper les positions de tête dans l'univers de la déco



Et l’international ?

Amalric Poncet : Nous travaillons dans un groupe médias international, un des seuls qui reste en France, dans le féminin en tous les cas. Nous avons signé des accords de joint venture et dans la plupart des cas les sites sont opérés par les partenaires locaux. Nous travaillons de plus en plus en collaboration étroite avec nos partenaires et nous échangeons avec eux des informations, nos bonnes pratiques, nos savoir faire. Et nous essayons de travailler sur la mutualisation d’un certain nombre de contenus, voire fonctionnalités.


Vous avez procédé à des acquisitions ?
Amalric Poncet : Il existe dans le domaine de la high-tech des jeunes qui maîtrisent beaucoup mieux que nous les nouvelles technologies. En 2008, nous avons effectué une prise de participation au sein de la société Webpulse qui édite deux sites : le site people Staragora, 2,5 millions de VU, et une activité de trading, autour du site shopreflex. Un site qui permet aux rédactrices de nos différents sites de récupérer des flux de produits qui correspondent aux marques et aux styles qu’elles désirent traiter et de matcher de manière de plus en plus fiable les produits présentés sur nos sites avec ceux achetables sur le net . Nous devons être capables de leur dire, vous avez aimé tel produit, vous pouvez l’acheter chez tel marchand sur internet. Si vous ne le trouvez pas, nous pouvons vous proposer des produits approchants et ou des articles de la même marque. C’est un service rendu à l’internaute, cela nous permet également de mettre en rapport des acheteurs potentiels avec leurs marques , . Cela nous permet également de souligner notre capacité d'innovation sur Internet mais également sur les supports mobiles car nous pensons que ces fonctionnalités y trouveront leur place.


La mobilité, parlons en !
Amalric Poncet : C’est un axe de développement stratégique pour le groupe. Nous nous sommes lancés récemment avec des applis Maison de Marie Claire , environ 150 000 téléchargements et Cosmopolitan, plus de 450 000 téléchargements aujourd’hui. L'application Famili démarre et nous sommes déjà sur une seconde release de la première version.. Nous venons tout juste de lancer l’appli de Marie Claire. Même si le marché ne représente que 36 millions d'euros d'investissements en 2011, il progresse de +37% en 1 an. Il ne faut pas oublier qu’en 2015, on annonce qu’il y aura plus de connexions internet via le mobile que via l’internet fixe. C'est donc un sujet que nous suivons de très près et sur lequel nous allons continuer à investir en 2012 en faisant converger au plus les informations utiles que nous pouvons proposer à nos lectrices.


La société 2T Productions dans laquelle vous avez investi, vous en faîtes quoi ?
Amalric Poncet : De la production interne. En l’espace de 4 mois, nous avons multiplié par 3 le nombre de vidéos diffusées sur nos sites et créé des chaînes de TV au sein de chacun d’eux. Nous travaillons de manière très étroite avec les rédactions. Cette société nous apprend à produire intelligemment et à des coûts qui soient exploitables pour le web. Il y a un changement de paradigme pour les producteurs de vidéos. Nous ne sommes pas dans le monde du broadcast, mais dans celui de l’internet, où il faut apprendre à produire plus vite, moins cher et dans des formats différents.


Et la TV connectée ?
Amalric Poncet : Bien sûr, nous y croyons. Ca n’est pas vraiment quelque chose de nouveau. Ce qui est certain c’est que le phénomène va s’accélérer. Nous avons ici une TV connectée qui date des années 99. Dans les années 2000, nous avions déjà développé des programmes diffusés pour certains constructeurs. La TV est maintenant directement connectée à l’internet.. Cela facilite évidemment l'interactivité ainsi que notre capacité à offrir des programmes encore plus adaptés à la demande... Nous sommes déjà approchés par des fabricants avec qui nous étudions les hypothèses de collaboration.


Comptez-vous à court ou moyen terme procéder à de nouveaux rachats ?

Amalric Poncet : Clairement, ce qui est agréable, c’est que lorsqu’il y a aujourd’hui un dossier qui se présente, il nous est en général proposé et nous le regardons. On ne dit pas oui à tout. Il existe des critères de sélection : il faut que nous restions dans notre domaine d'activité, Que cela corresponde à notre volonté de développement et , dans tous les cas, nous restons raisonnables.