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Entretien avec Marie-Laure Sauty de Chalon,
Président directeur général du groupe aufeminin.com

Entretien avec Marie-Laure Sauty de Chalon,<br>Président directeur général du groupe aufeminin.com

Presse Edition 08/12/2010

Vous avez été nommée PDG du groupe aufeminin.com en mai 2010. Ce changement de direction augure-t-il d’un changement de cap pour le groupe ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : Certes non. Mon prédécesseur Bertrand Stephan a plutôt bien réussi dans sa mission. Il a réalisé le travail le plus difficile, celui de la succession des fondateurs Anne Sophie Pastel, Marc-Antoine Dubanton et Cyril Vermeulen en 2007. Je suis donc partie sur des bases solides : un bilan positif, la progression de l’audience, une réussite à l’international, le rééquilibrage pays, la part de la France baisse au profit d’autres pays et continents. En revanche il me reste beaucoup de choses à faire.


En octobre 2010 vous annonciez une croissance de l’activité du groupe de 39% sur les 9 premiers mois de l’année. Comment expliquez-vous cette progression ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : La première raison, pour rester très modestes, est que nous avions connu un très mauvais premier semestre 2009 et qu’il était donc plus facile de rebondir. On s’attendait à un ralentissement de notre croissance à partir de juillet, alors qu’elle s’est poursuivie. Et ce qui est intéressant, c’est qu’elle touche l’ensemble de nos activités, tant en France qu’à l’international.


Dans quels domaines le groupe compte-t-il se développer ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : En septembre dernier, nous avons lancé la première Webtv dédiée aux femmes. La vidéo est un marché où il existe une pénurie d’inventaire et qui est en train d’exploser. Je suis convaincue qu’à partir de 2013, 50% des contenus de nos sites consisteront en de la vidéo. Deuxième domaine d’investissements et de croissance le web mobile. Il représente pour nous la principale menace, mais également une extraordinaire opportunité parce que, aujourd’hui, les contenus ne sont pas consommés de la même manière et aux mêmes heures. C’est également un fabuleux moyen d’augmenter notre trafic. Le problème, c’est qu’à une époque où les contenus basculent sur le web mobile, nous n’avons pas été été capables d’être le meilleur acteur en la matière.


Et à l’international ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : Nous souhaitons agir sur toutes nos lignes de produits, et plus particulièrement autour de SmartAdserver. C’est une activité sur laquelle nous connaissons étonnamment une forte croissance, alors que dans ce secteur le nombre d’acteurs s’est plutôt réduit ces dernières années et qui devrait encore se consolider. Nous allons nous ouvrir sur d’autres métiers autour de cette activité. Nous lançons le premier outil de Adserving pour le mobile et nous avons pris de l’avance sur nos concurrents avec ce très bel outil. Notre but est d’étendre la gamme de services proposés par SmartAdserver. Nous pourrions d’ailleurs réaliser des acquisitions dans les métiers périphériques, comme la création, les métiers de la performance, de l’optimisation. Pour aufeminin.com, il reste encore beaucoup de pays à ouvrir, à développer. Nous allons proposer une nouvelle version en langue arabe, une version de aufemin.com en Amérique latine et nous développer au Canada.


Vous êtes absents du marché américain !

Marie-Laure Sauty de Chalon : Notre seul concurrent dans le monde, ivillage, repris par NBC, est uniquement présent aux USA et n’a pas opéré son développement international. Par ailleurs, notre site anglais n’est pas notre point fort. Je dirais même que c’est notre point faible. Nous sommes tout juste leaders sur un marché très fragmenté. Avant de nous lancer sur le marché américain, nous devons développer cette version anglaise et savoir quel produit proposer aux internautes américains. D’autant plus que nous disposons disposerons d’un Adserver performant en Amérique du nord et que nous en construisons un autre aux Etats-Unis afin de servir la publicité plus rapidement en Amérique latine, au Canada et aux Etats-Unis.


Le lancement de yahoo pour Elles vous pose-t-il problème ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : J’ai d’abord pensé qu’ils le lançaient pour nous concurrencer, parce que leur présentation ressemblait beaucoup à la notre. Mais en fait, comme d’habitude, les portails n’investissent pas dans les contenus, mais se contentent de les agréger, et plus particulièrement ceux émanant de sites féminins qui n’ont pas d’audience. Quel intérêt cela a-t-il ? C’est assez bien fait sur le plan publicitaire. Ca raconte une histoire à la pub. Mais au fond, ça n’est pas un produit. Leurs partenaires offrent du contenu contre du traffic. Je crois qu’il faut avoir sa propre stratégie et que ce type de mariage contre nature ne leurre pas l’internaute.


10 ans de Marmiton ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : Marmiton s’inscrit dans la même stratégie de développement qu’ aufemin.com : l’international et la vidéo. En l’espace de 2 mois, nous sommes passés de 0 à 500.000 VNU. Nous sommes convaincus que nous pouvons encore croître sur marmiton, y compris en France. Nous allons passer du concept de cuisine gourmande à celui d’une cuisine nutrition santé. Nous n’arrêtons pas de progresser, de l’ordre de 30% par an. Nous n’avions pas très bien réussi notre internationalisation, parce que le mot marmiton ne passe pas très bien dans certains pays. Nous repensons entièrement notre stratégie internationale et nous devrions lancer dans les prochains 6 mois, partout dans le monde, une adaptation de marmiton qui sera en fait une rubrique cuisine de aufeminin.com.


Votre actualité ?

Marie-Laure Sauty de Chalon : Ouverture de la deuxième édition de mompreneurs. Grâce à cette opération, nous revenons aux racines de aufeminin.com, une plateforme éditoriale qui engage les femmes et qui les aide.. Nous voulons promouvoir les femmes qui développent leur propre petit business à partir d’internet.
Nous travaillons également sur la 3e édition du prix des lectrices de aufeminin.com. Nous devrions également lancer le prix de la révélation de l’humour et nous travaillons sur le lancement d’autres prix.


Comment percevez vous l’avenir des medias traditionnels face à la concurrence de pure players tels que vous ?
Marie-Laure Sauty de Chalon : Ils ont du mal à entendre et à écouter . Leur contrat de lecture est un contrat fondamentalement différent du notre. C’est un métier que je respecte et dans lequel nous sommes en train de rentrer, puisque nous venons de lancer Marmiton magazine. C’est un modèle d’information descendante, quelqu’un qui dicte la bonne parole et qui s’adresse à des gens qui sont intéressés. Nous, nous sommes dans un contrat complètement inverse, de gens qui nous disent des choses. En fait savoir écouter, c’est la vocation des journalistes mais pas celle des medias traditionnels.


Diplômée de l’IEP Paris et titulaire d’une maîtrise de droit public à Paris II, Marie-Laure Sauty de Chalon a commencé sa carrière en 1985 comme chef de publicité des suppléments économiques du « Nouvel Observateur » puis de « Libération » et Régie Presse (groupe Publicis). Elle rejoint Général Média (régie publicitaire du Nouvel Observateur, VSD, Actuel, Challenges, La Tribune…) en 1988 comme Directrice de la Publicité de La Tribune et de L’Expansion, avant d’être nommée, en 1990, Directrice Générale de La Régie. En 1993, elle devient membre du comité de Direction puis Directrice Générale Adjointe de France Télévision Publicité. C’est en 1997 qu’elle rejoint une première fois le groupe Carat afin d’assurer la Direction Générale de Carat Prospective et de Carat Interactive. Elle est nommée en février 2000 Directrice Générale Adjointe et membre du comité de direction de Carat. En 2002, elle part pour les USA pour occuper à New York la fonction de CEO de Consodata North América. Elle devient en 2003 Présidente de La Grande Régie qui réunit Le Monde Publicité, Publicat et Régie Obs puis en 2004 Présidente d’Aegis Media Europe du Sud ; Marie-Laure Sauty de Châlon rejoint auFeminin.com en mai 2010 en tant que Présidente Directrice Générale du groupe, succédant à Bertrand Stephann.



A propos du groupe aufeminin.com
Détenu à 82,4% par le groupe Axel Springer, le groupe auFeminin.com est le n° 1 des éditeurs de sites féminins dans le monde et est présent en France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Espagne, Italie, Pologne, Suisse, Canada, Maroc, et Vietnam.
Le groupe exploite le premier réseau de sites féminins : auFeminin Brand : les sites auFeminin.com déclinés par pays, les sites Marmiton et 7 autres sites féminins édités par le groupe : SantéAZ, Onmeda, Teemix, Joyce, Voyage bons plans, MyBeautyCase et Bildderfrau. Son audience s’élève à 39,4 millions de visiteurs uniques(1) dans le monde et à 13,4 millions de visiteurs uniques(2) en France sur l’ensemble de la régie.
auFeminin Partners : blogs et sites féminins dont l’audience de 4,4 millions de visiteurs uniques(2) est commercialisée par le groupe auFeminin.
Le groupe développe et commercialise également SmartAdserver, le 1er serveur de publicité indépendant en Europe. En 2009, il a réalisé un chiffre d’affaires de 28,8 M€. auFeminin.com est cotée au compartiment C de NYSE-Euronext Paris (ISIN : FR0004042083, MNEMO : FEM).

(1) source : Comscore octobre 2010
(2) source : Nielsen NetRatings octobre 2010