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Entretien avec Véronique Faujour,
Directrice générale du groupe Uni-Editions

Entretien avec Véronique Faujour,<br>Directrice générale du groupe Uni-Editions

Presse Edition 06/07/2011

En 2010, votre chiffre d’affaires a progressé de 8 %. Comment expliquez-vous ces résultats dans un secteur d’activités où les CA sont au mieux stagnants voire en baisse ?
Véronique Faujour : En 2010, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 89 millions d’euros, soit une progression de 8 % versus 2009. Depuis 2005, nous avons connu une croissance accélérée d’environ 65%. Cela est principalement dû, dans un premier temps, à la croissance externe. En effet, pour la première fois dans son histoire, le groupe a acquis deux magazines, Santé Magazine en 2007 et Détours en France, fin 2008. Dans un second temps, le facteur d’évolution, notamment en 2009 et 2010, c’est la poursuite de la croissance des ventes au numéro, puisque auparavant, nous étions un groupe essentiellement axé sur les abonnements. Avec l’arrivée de Santé Magazine, puis de Détours en France, nous avons pris conscience du potentiel de vente de nos magazines dans les kiosques que nous avons bien travaillé.


Quelle est l’évolution de votre le chiffre d’affaires au 1er semestre 2011 ?
Véronique Faujour : Une évolution plus modérée que ce que nous avons connu au premier trimestre 2010. Nos ventes au numéro progressent toujours, mais en revanche nos revenus publicitaires se sont stabilisés.


Quels sont les faits marquants pour le groupe Uni-Editions en 2010 et 2011 ?

Véronique Faujour : Nos deux dernières acquisitions : Le Bottin gourmand et l’Amateur de Bordeaux. au printemps 2010. Cela nous a donné l’occasion, surtout début 2011, de constituer un pôle gastronomique. Une offre nouvelle et originale puisque nous pouvons désormais couvrir tous les centres d’intérêt autour de la cuisine et du vin, avec Régal, le magazine de cuisine, qui est devenu un titre puissant dans sa catégorie, « la gastronomie chez soi » et affiche une diffusion de 201 000 exemplaires, avec le Bottin gourmand, « la gastronomie hors de chez soi » et avec l’Amateur de vins et spiritueux, dans l’univers du vin et de l’œnologie. Nous sommes certainement le seul éditeur en France à proposer aujourd’hui une telle offre. Autre fait marquant pour 2011, le déploiement numérique, notamment avec ce pôle gastronomie. Et enfin, la diversification des marques, avec la mise en œuvre d’une politique très dynamique de publications de numéros hors séries, comme celui de Détente jardin qui est sorti au printemps dernier et celui de Régal qui publiera cet été son premier hors série, dédié à la cuisine du marché.


Gastronomie, santé, Vous opérez sur des marchés porteurs mais qui commencent à être fortement encombrés aujourd’hui ?
Véronique Faujour
: Nous travaillons sur des centres d’intérêt extrêmement porteurs, la santé, la famille, l’art de vivre, la cuisine, le jardin, la déco, le tourisme en France, des univers passions et des centres d’intérêt, dans lesquels nos lectorats se recoupent et sur lesquels nos parts de marchés sont puissantes.


Quelle(s) stratégie(s) allez-vous développer concernant la production de contenus pour la diffusion numérique ?
Véronique Faujour : Nous n’avons pas une stratégie numérique, mais des stratégies numériques en fonction des univers sur lesquels nous travaillons et des attentes des internautes. Nous pensons que tout n’est pas nécessairement déclinable sur le web. En revanche nous avons un certain nombre de points forts qui peuvent l’être et la gastronomie l’est clairement. C’est une priorité. Aujourd’hui, lorsque vous cherchez un restaurant, le print a sa vertu, mais de plus en plus souvent, vous allez chercher des informations sur l’internet fixe ou mobile. Autour de cela, nous avons imaginé un système complet : le restaurant qui convient, l’aide à la recherche de bons produits, les bons producteurs, les meilleures recettes de cuisine, et un certain nombre de services pour assumer sa passion. Par exemple, des chèques cadeau pour aller au restaurant, des systèmes de réservation intégrés, dématérialisés autour d’un back office très sophistiqué.


Et pour ce qui concerne Dossier familial et Santé magazine ?

Véronique Faujour : Autour du site dossierfamilial.com, 1,4 VU mois, nous menons une réflexion sur les services que nous pouvons apporter : service d’experts, autour du droit, de la famille, du travail. Pour ce qui concerne la santé, plutôt que d’essayer de créer de notre côté, face à des concurrents qui ont pris de l’avance, nous préférons apporter notre savoir faire à un partenaire puissant qui est orange. Nous gérons un site en commun, tendance santé, en ligne depuis fin 2010. Nous apportons notre marque et les contenus. Nous avons des équipes intégrées qui travaillent en direct.


Vos site sont-ils-rentables ?
Véronique Faujour : Non et c’est pourquoi nous sommes prudents, parce que notre objectif aujourd’hui, c’est surtout l’accompagnement de la relation clients. Nous ne considérons pas le site comme un centre de profit mais comme un des moyens de toucher nos clients, un des canaux de contact et de développement autour des services et de nouvelles idées de produits. Les 2/3 des internautes qui fréquentent le site Dossier familial ne sont pas des lecteurs du magazine. C’est une audience qui découvre l’univers de Dossier familial. Pour nous c’est extrêmement intéressant car nous avons un enjeu majeur de qualification des données, de services à leur proposer et de découverte de ce qu’est Dossier familial en tant qu’intérêt global.


L’amateur de Bordeaux ? changement de nom, de formule, de

format ?
Véronique Faujour : Nous ne sommes pas au bout ! Nous avons décidé de rendre le titre cohérent avec sa formule éditoriale. L’amateur de Bordeaux bénéficiait d’une belle notoriété d’ailleurs, mais surtout à Bordeaux. Alors que dans le fonds, depuis un certain temps déjà ce magazine ne s’adressait pas qu’aux amateurs de Bordeaux. Vous pouviez y trouver un dossier sur le Champagne, sur le rosé…. Nous nous trouvions avec un titre un peu compliqué à gérer, qui pour ceux qui ne le connaissaient pas, induisait Bordeaux à 100 % et un contrat de lecture ouvert à tous les vins. En revanche, nous avions une fantastique marque : l’Amateur. C’est sur elle que nous capitalisons, l’Amateur de vins et de spiritueux.


Vous comptez aller plus loin ?

Véronique Faujour : En terme de contenu, ce que nous voulons et ce que nous sommes à l’aube de finaliser, c’est de capitaliser sur le succès que nous avons connu avec Détours en France. Lorsque nous avons repris ce magazine, nous avons compris qu’il y avait des domaines auxquels les Français étaient très attachés, le local et la région. Et lorsqu’on transpose à l’univers de la presse œnologique, on se rend compte que nous avons tous des discours extrêmement généralistes et généraux. Et ce que nous souhaitons c’est d’avoir avant tout un discours local et régional. Nous allons orienter de plus en plus chaque numéro vers une sorte de monographie locale qui nous serve finalement à explorer en profondeur ce qu’est le vin et sa culture, les femmes et les hommes qui le font, les routes touristiques qui les accompagnent etc.


Avez-vous d’autres projets ? Allez-vous procéder à d’autres acquisitions ?
Véronique Faujour : Aujourd’hui, non, pas d’acquisitions à l’ordre du jour. Nous avons pas mal acquis et maintenant nous devons développer ce que nous avons acheté. A l’instar de nos confrères, nous sommes à la recherche de perfection permanente. Sur Santé magazine, nous avons mené une réflexion encore plus approfondie, parce que sur le marché de la presse féminine, cela bouge très vite. Nous avons des rotations en terme de maquettes et de contenus qui vont beaucoup plus vite que sur les autres segments de presse. Et là, nous y travaillons en particulier.


Et en terme de diversification ?

Véronique Faujour : Nous commençons à avancer à petits pas, avec les hors-séries cette année. Nous essayons de repérer dans nos magazines les communautés de lecteurs. Paradoxalement ce n’est pas parce que vous avez une diffusion importante que vous avez communauté importante. Un exemple, Détours en France, notre plus faible diffusion, environ 90 000 exemplaires, réussit à rassembler une communauté de lecteurs très impliqués. Une communauté de passionnés qui font confiance à la marque et qui sont prêts à la suivre lorsqu’elle a des propositions à leur faire. Nous avons lancé des croisières. Nous avons inséré une page dans le magazine et nous avons rempli le bateau. Autour de Détours en France, nous avons matière à décliner un certain nombre de produits et de services : des rencontres lecteurs, des livres, encore plus de hors séries…


Pensez-vous continuer développer l’édition de livres au sein du groupe ?
Véronique Faujour : Soit nous le faisons en direct. Soit nous nous associons. Nous avons créé avec Solar une collection sur Mon Dossier familial qui va paraître à la rentrée. Nous avons choisi cet éditeur parce qu’il possède une sérieuse expérience dans le domaine du livre pratique et il nous a paru intéressant d’avancer avec eux. Si cela marche nous continuerons cette évolution avec Dossier Familial, Santé…


De nombreux éditeurs de magazines songent à se lancer dans le e-commerce. Qu’en est-il pour le groupe Uni-Editions ?

Véronique Faujour : Nous l’avons tenté en partenariat avec des e-commerçants. A l’heure actuelle nous observons comment cela fonctionne. C’est vraiment un autre métier. Si nous voulons réussir, et c’est possible car nous avons un capital de lecteurs, des marques, un bon terreau, il nous faut également disposer des compétences et cela s’accompagne forcément par des experts en e-commerce et ce n’est pas encore d’actualité dans notre groupe


Votre actualité ?

Véronique Faujour : A l’échéance de mi-octobre La sortie de la nouvelle édition du Bottin gourmand, revisitée de fond en comble, avec une nouvelle approche éditoriale.


Véronique Faujour a été nommée Directrice générale d’Uni-Editions en janvier dernier. Elle en était la Directrice générale adjointe depuis avril 2008.Entrée en septembre 1986 au groupe Corn Product Company France comme assistante chef de produits de la gamme d’alimentation infantile Gerber, elle rejoint Bayard Presse en juillet 1988 en tant que chef de produits Bayard Presse Jeune, puis directrice commerciale et enfin comme directrice Marketing Pôle Senior – responsable du développement et de la diffusion. De juillet 2000 à mai 2005, elle rejoint le groupe La Vie/Le Monde, comme éditrice du magazine Top Famille, au sein de la filiale Publifa, puis à compter d’avril 2004, comme gérante de Fleurus Presse, filiale presse jeunesse du Groupe La Vie/Le Monde. En juin 2005, Véronique Faujour entre dans le Groupe Marie-Claire comme éditrice de magazines avant de rejoindre en avril 2008, la société Uni-Editions, filiale de presse à 100% du Groupe Crédit Agricole.
Née en 1963, Véronique Faujour est diplômée de l’ESSCA «Ecole Supérieur des Sciences Commerciales d’Angers».



Groupe Uni-Editions
CA 2010 : 89 millions d’euros
Principal actionnaire : Crédit Agricole
Effectifs : 110 collaborateurs
Direction : Véronique Faujour, Directrice générale

Principaux titres édités par le groupe Uni-Editions

Dossier familial - mensuel d’informations juridiques et pratiques. Diffusion payée : 1.170.000 exemplaires

Détente jardin - magazine du jardin plaisir.

Diffusion payée : 312.821 ex.


L’Amateur de vins et spiritueux - Le magazine des vrais amateurs de vins et spiritueux.

Diffusion payée : 30.000 ex.

Le Bottin gourmand - Le guide de ré́fé́rence de la gastronomie. Diffusion payée : 30.000 ex.

Maison Créative - N°1 des magazines des magazines déco.

Diffusion payée : 310 636 ex.

Détours en France - Le seul magazine de découverte des régions en France.

Diffusion payée : 88.801 ex.

Régal - Magazine culinaire et gastronomique.

Diffusion payée : 201.000 ex.

Santé Magazine - L’un des principaux titres santé en France.

Diffusion payée : 254.233 ex.