Presse Édition 12/04/2007
Le troisième millénaire marque l’ère de la mondialisation. Les normes comptables internationales, applicables depuis le 1er janvier 2005, aux sociétés cotées, en sont l’un des symboles...
Bientôt complétées
par des normes spécifiques aux PME (projet SMES – Small and Medium Size
Entities), elles devraient toucher l’ensemble de l’économie française à
l’horizon de 2007-2008. Un des points essentiels de ces normes concerne
la valeur et l’introduction de deux grands concepts d’appréciation : la
juste valeur d’une part, qui se réfère à la valeur de marché donc de
transaction, la valeur d’utilité d’autre part qui, s’appuyant sur une
hypothèse d’actualisation des flux de trésorerie que générera
l’entreprise dans le futur, s’inscrit dans le cadre d’une utilisation
continue du bien. L’évolution des normes, doublée de l’observation
faite des grandes mutations intervenues dans le secteur de l’édition au
cours de ces deux dernières années, avec la naissance de nouveaux
groupes voire le positionnement de groupes étrangers, a conduit
l’équipe KPMG Entreprises, spécialiste du secteur Communication -
Édition - Presse à s’interroger sur les critères qui pouvaient servir
de base aux maisons d’édition pour apprécier la valeur. En effet, au
delà des concepts généraux fondements de la notion de valeur, l’édition
présente certaines particularités qu’il paraît indispensable de mettre
en exergue dans la mesure où elles peuvent être, elles-même,
génératrices de valeur.
Cette première étude s’est fixée comme
objectifs de vous donner, à vous acteurs de l’édition, les grandes
tendances qui se dégagent en terme de gestion et de délivrer, non pas
des certitudes, mais des éclairages par rapport à certaines questions
que vous pourriez être à même de vous poser : quelle valeur pour mon
entreprise ou comment déterminer la valeur. Elle a pour ambition de
servir de fil conducteur à vos réflexions, soit dans la perspective de
favoriser la pérennité de votre entreprise en améliorant ses
performances, soit, dans l’hypothèse d’une transmission, d’en apprécier
le poids économique.
Ce qu'il faut retenir en 7 points
…de la rentabilité naît la création de valeur.
1• Privilégier un catalogue qualitatif
Parfaitement
maîtrisé par les éditeurs, le catalogue est un élément économique
primordial. Le choix éditorial et la qualité des auteurs qui le
composent permettent de conforter la valeur qui peut être donnée au
fonds éditorial. 950 000 titres étaient référencés en juin 2006 pour 530 000 titres seulement à la vente*.
Plus
que le nombre de titres publiés, c’est bien la quantité d’exemplaires
vendus qui caractérise la qualité du catalogue. Elle montre la capacité
de l’éditeur à fidéliser l’auteur et à attirer de nouveaux talents donc
à conforter la valeur de son entreprise.
2• Utiliser la diffusion/distribution comme un levier
Alors
même que les coûts de diffusion et de distribution viennent diminuer le
chiffre d’affaires des sociétés d’édition, leur seule existence
peut-être une source de valeur.
Le recensement des circuits de
diffusion et de distribution des sociétés indépendantes contenues dans
l’échantillon, fait apparaître des coûts se situant entre 11%
(fourchette basse) et 14% (fourchette haute) du prix public hors taxes
(PPHT).
3• Apprécier son niveau réel de rentabilité
Les
particularités du secteur de l’édition : coédition, valorisation et
dépréciation des stocks, politique de tirage, niveau de retours,
avances aux auteurs, sont autant d’éléments dont la prise en compte
influe de manière directe sur la rentabilité de l’entreprise. Les
dirigeants doivent être totalement informés des choix opérés car, de la
rentabilité naît la création de valeur.
Le niveau moyen de l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) sur le chiffre d’affaires net s’établit à environ 14%, celui du résultat d’exploitation (EBIT) à 11%.
4• Maîtriser son besoin en fonds de roulement (BFR)
Une
politique d’avances aux auteurs maîtrisée, une prise de position
comptable en adéquation avec l’événement économique auquel elle se
rattache, une parfaite connaissance des conditions financières liées
notamment aux contrats de diffusion et de distribution, sont autant
d’éléments qui permettent d’assurer une gestion maîtrisée du BFR.
L’optimisation du BFR accroît la trésorerie de l’entreprise. Le BFR moyen de l’échantillon est inférieur à 20 jours de chiffre d’affaires net éditeur.
5• Adapter le périmètre des actifs à l’activité d’édition
D’une
manière générale, l’exercice du métier d’éditeur ne nécessite pas
d’investissements importants (sauf pour les éditeurs qui disposent
d’une structure de distribution intégrée ou dans le cas de création
éditoriale lourde). En l’absence d’actif immobilier nécessité par la
distribution, l’opportunité de maintenir des actifs non indispensables
au fonctionnement de l’exploitation doit être étudiée afin de ne pas
interférer dans l’appréciation de la valeur.
Isoler les actifs
immobiliers dans une structure financière dédiée constitue un des
moyens d’aboutir à une meilleure visibilité de la structure financière.
6• Mesurer la rentabilité des capitaux employés
Le
rendement des capitaux employés, représenté par les immobilisations et
le BFR, constitue un indicateur de tendance pertinent qui permet de
mesurer la performance des actions menées par l’entreprise. Basé sur une observation passée, il sert de référence à la création de la valeur.
7• Publier une information financière pertinente
Seule
l’annexe, partie intégrante des états financiers, constitue aujourd’hui
l’élément de référence de communication en matière de règles comptables
et fiscales appliquées par les entreprises. Elle doit être adaptée aux spécificités du secteur de l’édition (provision pour risque de mévente, provision pour retours ….).
Le
manque de pertinence de l’information financière est, dans certains
cas, à l’origine d’une dépréciation de la valeur de l’entreprise même
si cette valeur s’avère justifiée par son positionnement ou sa
rentabilité. Le rendement des capitaux employés…constitue un indicateur
de tendance pertinent…
Pour en savoir plus :
http://www.kpmg.fr/fr/industries/Medias.asp