Presse Edition 14/12/2011
Communiqué de la Société des Journalistes de La Tribune et du Comité d’entreprise
Le Ministre de la Culture n’a que faire du pluralisme de la presse.
La Société des Journalistes de La Tribune s’étonne des propos tenus par Frédéric Mitterrand dimanche 11 décembre sur Canal +, dans l’émission «Dimanche +».
Interrogé sur l’avenir de La Tribune, le Ministre de la Culture et de la Communication a déclaré :
«Nous allons sortir La Tribune de ce mauvais pas, comme nous l’avons toujours fait, en étant solidaire de sa direction qui est excellente et qui essaye depuis plusieurs mois de trouver des solutions avec beaucoup de courage et de compétence. La Tribune va pouvoir passer dans sa nouvelle formule de la manière la mieux accompagnée possible».
A la question «Qui va la reprendre ?», il a répondu : «C’est la dame [Valérie Decamp, propriétaire du titre à 80%, ndlr] qui est en train de suivre deux pistes différentes. J’espère bien qu’elle va y arriver. En tous les cas, on la suit».
Il est inconcevable que le Ministre de tutelle de la presse, interrogé à propos de l’avenir de La Tribune, affirme son soutien à la direction du journal, et sa confiance dans certaines des offres en discussion, alors même que le redressement judiciaire n'est pas encore prononcé et que les candidatures à la reprise peuvent être déposées jusqu’au 16 décembre.
Nous sommes stupéfaits des propos du Ministre, qui laissent entendre que l’avenir immédiat de La Tribune passe par le tout-numérique. Réduire ou supprimer l’impression du journal papier ne ferait qu’étioler sa diffusion et ses ressources, alors même que La Tribune s’approche de l’équilibre financier.
Il aurait été plus judicieux de réaffirmer la nécessité du pluralisme de la presse et de défendre un journalisme de qualité, qui sont les vrais enjeux du moment : l'un comme l'autre sont menacés. Le Ministre de la Culture aurait alors été dans son rôle.
S’il est du ressort du gouvernement, et plus précisément du Ministère de la Culture et de la Communication, de s’intéresser au sort de La Tribune, pourquoi cautionner deux des projets de reprise du titre ? Surtout lorsque l'on sait que l'un des projets les plus fréquemment évoqués est le fait d'un ancien conseiller du président de la
République ?
Alors qu'une campagne présidentielle est en cours, dont les principaux enjeux sont économiques, la disparition de La Tribune en tant que quotidien national papier poserait un vrai problème de pluralisme de l'information.