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Presse digitale :
un marché potentiel de 30 millions d’euros


Presse Édition 10/04/2007

Les quelque 30 millions d’abonnés à Internet - dont 20 millions en haut débit - que compte la France ne pouvaient pas laisser indifférents les éditeurs de presse magazine et leurs partenaires agences d’abonnements. Aujourd’hui, trois opérateurs - Cyberpresse Publishing, HDS Digital et Info-Presse - proposent des abonnements numériques en ligne.

Les premières offres d’abonnements numériques à la presse ont été développées aux États-Unis en 2002 par News Stand, Qiosk.com et Qmags.

Le principe : vendre sur le net des versions digitalisées de quotidiens ou de magazines. Après s’être acquitté en ligne du montant de sa facture, le lecteur reçoit la copie intégrale de la version papier du titre sélectionné, augmentée des ressources propres à Internet : audio, vidéo, liens avec les sites des annonceurs... Il aura fallu quelques années avant que ce mode d’abonnements traverse l’Atlantique et parvienne en France.

À l’horizon 2015 : 20% d’abonnés en ligne

Parce qu’ils sont conscients que d’ici à dix ans, 15 à 20% des abonnements papier recueillis aujourd’hui par les éditeurs le seront via le net, Marc Andersen, PDG de Cyberpresse Publishing, Dominique Thines, Directeur Général d'Info-Presse, et Aymeric Bauguin et Sébastien Bégel, Directeurs Généraux de HDS Digital (Hachette Distribution Service), ont créé leurs kiosques en ligne. Ces trois opérateurs proposent aux éditeurs de vendre - via leurs propres sites ou le portail opérateur - des versions téléchargeables de leurs magazines. L'intérêt pour eux étant de capter une nouvelle population de lecteurs internautes, qui devraient représenter près de 30 millions d’euros d’ici 2020.

Une solution aux problèmes de réassort
Autre avantage des kiosques en ligne : la vente au numéro, le réassort, les numéros anciens et épuisés. La totalité des numéros anciens pourra désormais être conservée par les éditeurs ad vitam aeternam. "Aujourd'hui, la vente de numéros anciens est assez lucrative mais malheureusement, ces titres finissent par être épuisés. Ce ne sera plus jamais le cas !" explique Dominique Thines.
Voilà donc peut-être une solution qui permettra aux éditeurs de régler leurs problèmes de rentabilité et apportera une réponse satisfaisante à l’augmentation des coûts de production et des tarifs postaux.


Joël Lamins


Points de vue :

dthines56.jpgDominique Thines,

Directeur Général d'Info-Presse


Quel est l’intérêt pour un éditeur de proposer

des versions PDF d’un magazine ?
Dominique Thines : La numérisation est un système qui peut lui apporter beaucoup de souplesse. Dans le cas d’un lancement par exemple, il pourra tester un numéro zéro en utilisant notre base de données clients, qui comporte plus de 150 000 noms et adresses e-mail.

Quelles conditions économiques consentez-vous aux éditeurs ?
D. T. : Pour utiliser Numérikiosque, chaque partenaire paie une redevance annuelle en fonction de la périodicité de ses magazines : 5 000 euros pour un hebdomadaire et 3 000 euros pour un mensuel. Il pourra exploiter ce service sur son propre site, mais également sur notre plate-forme - www.info-presse.fr et www.journaux.fr, qui totalisent plus de 500 000 visiteurs uniques par mois -. Dans ce cas, il devra passer par l’intermédiaire du panier d’achat d'Info-Presse. Nous prélevons une commission, soit 60% pour les abonnements et 40% pour les réabonnements. Via le site de l’éditeur, ce prélèvement est de l’ordre de 20% pour les abonnements, 10% pour les réabonnements et 40% pour la vente au numéro. L'installation du compteur labellisé OJD coûte 650 euros par titre. Si l’éditeur souhaite mettre en place de la diffusion gratuite, s'il veut modifier son panier et gérer lui-même les ventes sur son propre site, il devra payer un léger supplément pour le développement du programme.



A.BAUGUIN56.jpg‹Aymeric Bauguin

S.BEGEL56_1.jpg‹et Sébastien Bégel,

Directeurs Généraux de HDS Digital


Qu’entendez-vous par plate-forme de chargement numérique ?
Aymeric Bauguin : Notre version numérique propose le contenu du papier, éventuellement enrichi de bonus rich media - vidéo, musique... - ; le lecteur télécharge le magazine sur son PC et peut ensuite le feuilleter. Mais au-delà des enjeux technologiques, notre objectif est d'abord de créer de nouveaux modes de consommation de la presse.

Qu'est-ce qui caractérise l'offre de HDS Digital ?
Sébastien Begel : Nous avons fait le choix structurant d'être une marque blanche. Notre conviction est claire : il faut créer une offre. La presse est un marché d'achat d'impulsion. Il faut aller la proposer dans des univers où elle n'est pas présente. Le portail virginmega - musique et vidéo - accueille deux millions de visiteurs uniques par mois. La presse est absente de cet univers. Autre exemple, 3suisses.fr reçoit 4,5 millions de visites uniques par mois. Là encore, la presse est peu présente. Nous voulons proposer le service à un maximum de sites.

Quels sont vos objectifs à court et moyen terme ?
A. B. : Très rapidement, nous aimerions traiter avec les éditeurs des cinq cents titres qui réalisent 80% du marché. Nous sommes structurés pour cela. Ce canal de diffusion devrait d'ailleurs représenter entre 5 et 20% de la diffusion papier à terme.


Marc_Andersen56.jpgMarc Andersen,

Président Directeur Général

de Cyberpress Publishing

Êtes-vous déjà présent sur les kiosques numériques ?

Marc Andersen : Bien sûr, nous avons même été les premiers. Nous avons créé monkiosque.fr en août 2006, dans un premier temps uniquement avec nos magazines. Cette version bêta proposait également une quinzaine de magazines partenaires - Le Nouvel Obs, Technikart, Les Inrockuptibles, Les Années Laser, etc. -. Une deuxième version a été mise en ligne début mars, avec une cinquantaine de magazines supplémentaires.

Comment l'aventure a-t-elle démarré ?
M. A. : Modestement, puisque nous n’avons pas fait de promotion ; nous avons juste annoncé l'ouverture de monkiosque.fr dans nos magazines. Mais aujourd'hui, nous doublons nos ventes chaque mois et nous réalisons près de 500 opérations commerciales mensuelles. Malgré tout, ce n'est pas encore rentable. Nous avons accueilli un peu moins de 100 000 visiteurs uniques depuis le mois d'août, soit 20 000 à 25 000 supplémentaires par mois. Nous ne pouvons qu’être satisfaits de ce résultat au regard du peu de marketing que nous avons déployé.

Quel modèle économique proposez-vous aux éditeurs ?
M. A. : À l'instar des NMPP, nous versons un pourcentage sur toute somme encaissée. Il y a bien sûr des frais fixes, parce que nous ne pouvons pas encore amortir le travail de correction des PDF. Il faut mener un véritable travail de mise en place, beaucoup plus lourd que pour la version papier. Nous demandons donc une participation forfaitaire, mais elle reste de principe.

Propos recueillis par Daniel Dussausaye

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Céline BERNARD

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