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Questions à Serge Morisseau, PDG de Archicol

Questions à Serge Morisseau, PDG de Archicol

Presse Edition 24/04/2013

Ancien consultant et Directeur de la stratégie et du développement des NMPP (aujourd’hui Presstalis), Serge Morisseau a créé en septembre 2012, avec deux associés Emilie Barreau et David Dauvergne, Archicol, un nouveau concept de création d’ouvrages numériques pour les éditeurs de presse, de livres et les entreprises.


Quels enseignements tirez-vous de votre passage aux NMPP?

Serge Morisseau : j’y ai compris trois choses : ce qu’était un journal ;
la nécessité de mutation des médias, vers évidemment le numérique mais également des solutions qui leur permettent d’exploiter des marques et des contenus ; enfin la nécessité d’être souple et réactif : Nous vivons aujourd’hui une grande de révolution industrielle et technologique. Les dirigeants d’entreprises doivent rester très attentifs aux changements et très réactifs, parce que les choses peuvent aller très vite. Il faut que ce qu’on imagine aujourd’hui puisse être possible le lendemain. Malheureusement, bien souvent, le mode de fonctionnement des grandes structures rend cela complexe.


A l’époque où vous étiez Directeur de la stratégie et du développement des NMPP, aviez-vous déjà perçu les potentiels du numérique pour les éditeurs?
Serge Morisseau : J’ai tenté d’y créer un site de vente de journaux en ligne. Ce fut une grande expérience. Mais mon principal souci a été de créer suffisamment de trafic autour de ce projet. Car il ne sert à rien d’avoir le meilleur produit au monde, sivos clients ne le voient pas. Et, dans le monde du numérique, la création de trafic nécessite, de mobiliser d’importants financements, a fortiori si vous n’avez pas une marque forte au départ.


Comment êtes-vous passé de la presse au livre?

Serge Morisseau : Par chance j’ai été recruté en tant que Directeur Général dans une start up spécialisée dans le livre digital et qui opérait dans deux métiers : l’autoédition et la distribution numérique d’ouvrages.. C’est là que j’ai découvert ce qu’était le métier du livre digital. Et, dans le cas des supports numériques, les problématiques sont au départ très différentes et cela pour deux différentes raisons. La première étant que les éditeurs de livres sont habitués à vendre du one shot et sont beaucoup moins attachés que les éditeurs de presse à la notion de fidélisation et à d’acquisition de bases de données clients. La deuxième est d’ordre technique. Bizarrement alors que la presse a fait des choix de systèmes que je qualifierai de propriétaires,le livre a fait le choix inverse en partant du postulat que ce n’est pas par la technique et le format qu’ils pouvaient se différentier, mais par rapport aux contenus. Et dés le départ, l’idée a prévalu qu’il fallait créer, au niveau mondial, un standard auquel tous allaient adhérer (libraires en ligne, éditeurs, …).
Une expérience qui s’est achevée et suite à laquelle j’ai créé Archicol !


Comment a démarré l’entreprise?
Serge Morisseau : A la sortie de mes trois tranches de vie, j’ai réalisé une synthèse forcée qui m’a conduit à aller dire à des éditeurs de presse «Vous avez une marque et des contenus. Faîtes à partir de cela des produits peu coûteux à fabriquer, faciles à promouvoir parce que vous avez la marque. Appuyez vous sur les gens qui savent les vendre et disposent d’un fort trafic. Dés lors que vous mettrez de bons produits dans ces environnements, avec les bons instruments de promotion, vous les vendrez !».


Sur quels concepts avez-vous démarré l’activité de Archicol?

Serge Morisseau : Recycler pour les éditeurs les produits qui ont existé dans des réseaux presse et qui n’existent plus et qui sont typiquement des hors série. Et, à partir de bases de données de contenus, inventer des produits qui n’existent pas, ce que nous sommes en train de faire avec un certain nombre de clients. Distribués en librairie, il bénéficient d’un énorme atout : un titre, une marque drapeau.


Quelles questions doivent se poser les éditeurs avant de se lancer dans l’aventure?
Serge Morisseau : Comment recycler les produits existants et en particulier les hors série, qui sont des produits intemporels. Mais également comment fabriquer des produits que je peux inventer à partir de mon fonds éditorial et de mes bases de données et que je peux commercialiser sous ma marque. Mais aussi «Qu’est ce qui peut marcher? Qu’est ce qui risque de marcher moins bien? Et comment les fabriquer?


Le problème des droits d’auteurs est-il un frein important au développement de votre activité dans la presse?
Serge Morisseau : Oui, c’est un frein, surtout pour les images. Et nous vivons là une situation complexe.Souvent, si je reproduis à l’identique un exemplaire papier je ne paie pas de droits supplémentaires sur les images. Dés lors que je veux changer la forme, je dois acquitter ces droits. C’est souvent un véritable handicap que nous contournons en ne publiant des images que sur la version à l’identique de l’ouvrage.


Vous opérez sur un marché très concurrentiel?

Quelles stratégies de conquête déployez-vous?

Comment vous différentiez-vous par rapport à la concurrence?
Serge Morisseau : Contrairement à ce que tout le monde pense, créer un livre numérique n’est pas une problématique de conversion mais d‘édition. Ce que nous apportons comme vision, c’est :
1- ne pas être cher et cela passe par l’automatisation de ce qui peut l’être.
2- travailler avec un éditeur de la même façon qu’un packageur l’aurait fait en disant je prends votre contenu et je trouve la meilleure mise en page possible. Et ce, sans oublier l’ergonomie et l’interactivité.
Lorsque je suis arrivé sur ce marché, je voyais des concurrents/ confrères qui disaient aux éditeurs «donnez-moi votre produit, ne me parlez surtout pas, parce que vous allez me perturber. Je vous rendrai le produit lorsque nous l’aurons terminé». Moi je dis «donnez-moi votre produit. Parlons en le plus possible».
Tout le monde pense que cela coûter une fortune. Bien sûr que non. Et cela pour deux raisons, c’est que le temps passé avant, nous ne le passerons pas après et j’en ferai profiter les suivants.


Autre marché sur lequel vous opérez, les entreprises?

Serge Morisseau : Nous commençons également à travailler pour les entreprises, via des agences de communication. Elles éditent de nombreuses brochures techniques et commerciales, rapports d’activités, documentations, argumentaires, vendeurs clients, etc. Des documents chers à produire. Je viens de signer un contrat avec MitsubishiElectric pour refaire toute leur documentation technique pour la climatisation et le chauffage. Nous sommes parvenus à créer sur ces documents de l’interactivité.


Après six mois d’existence de Archicol, quel est le premier bilan financier?
Serge Morisseau : Nous sommes rentables. Mais nous investissons beaucoup dans le développement de nouveaux outils et les ressources humaines. Plus de 50% de nos ressources y sont consacrées. Parce qu’il faut que toutes les solutions que nous proposons à nos clients puissent être mises en œuvre de la manière la plus simple possible.


Vos projets pour l’avenir ?

Serge Morisseau : Grandir et pour cela, il faudra acquérir une dimension internationale, parce que les données du marché sont les mêmes partout et les volumes d’affaires plus importants qu’en France. Notre entreprise est davantage tournée aujourd’hui vers une problématique de déploiement d’outils et de crédibilisation de notre marque. Cela va nous prendre encore une petite année, mais nous envisageons de procéder à une levée de fonds courant 2014.