Presse Édition 23/06/2010
PRESSE, NATION ET MONDIALISATION
au XIXe siècle
Marie-Eve Thérenty, Alain Vaillant, Nouveau Monde éditions, 2010, 450 pages, 49 €
Dès le XIXe siècle, l'histoire de la presse française ne peut se comprendre sans une confrontation avec les modèles médiatiques étrangers. Le processus de mondialisation engagé dans le prolongement des révolutions européennes, économiques ou politiques, se signale à la fois par l’émergence d’identités nationales fortes et par l’homogénéisation de l’imprimé périodique, qui impose les mêmes standards éditoriaux et rédactionnels, le débat politique laissant à peu près partout la place au divertissement, à la littérature, à l’image. Deux conclusions s’imposent à l’issue de ce panorama qui place côte à côte l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Allemagne et le Portugal mais aussi les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil et la Colombie. D’une part, les relations entre les anciennes colonies et l’Europe ne doivent pas se penser en termes de simple imposition de modèles, mais plutôt d’hybridation et d’appropriation. D’autre part, les formes et les logiques médiatiques sont beaucoup plus similaires, leurs évolutions beaucoup plus synchrones qu’on pouvait l’imaginer, malgré l’éloignement géographique et les particularités induites par les diverses situations politiques. Mais ces convergences ne font que mieux apparaître les efforts réfléchis et concertés des élites nationales pour adapter ces modèles plus ou moins standardisés à leurs propres fins idéologiques et culturelles. Deux modèles nationaux dominent très largement tous les autres et marquent de leur empreinte toute la presse mondiale : il s’agit bien sûr des traditions journalistiques anglo-saxonne et française. Cet ouvrage complète la trilogie sur la presse au XIXe siècle entamée chez Nouveau Monde avec 1836, l’an I de l’ère médiatique et Presse et plumes.
L'AFFAIRE DE L'HUMANITÉ
Sylvain Boulouque, Larousse, 256 pages, 2010, 18 €
Durant l’été et l’automne 1940, alors que se met en place l’occupation allemande en France, le Parti communiste envoie un émissaire à Paris auprès des autorités de la Wehrmacht pour négocier la reparution du journal l’Humanité. On est alors en plein pacte germano-soviétique… Cette démarche n’aboutira pas, mais cinq ans plus tard, à la fin de la guerre, le PCF, devenu le « parti des fusillés » et voulant effacer les errements de sa ligne avant d’être entré en résistance, fera porter la responsabilité de cette tentative, au seul émissaire, qui aurait agi de son propre chef. Maurice Tréand, jusqu’alors militant exemplaire, est ainsi lâché par son Parti. Trahi, abandonné, il sombre dans la dépression et meurt peu après. Pour la première fois, une biographie est consacrée à celui qui a, comme tant d’autres, sacrifié sa vie entière au communisme depuis sa jeunesse à Besançon jusqu’à sa mort dans le dénuement, en passant par Moscou et son école des cadres….
MARKETING COMPORTEMENTAL
Alain Sanjaume & Arnaud Caplier, collection Tendances Marketing, Dunod, 2010, 224 pages, 19,90 €
Le marketing comportemental est basé sur l'analyse des comportements des consommateurs, cette analyse est faclitée par le développement des nouvelletes technologies (internet, téléphonie mobile...) . Connaitre l'évolution des centres d'intérêt, des attitudes, des styles de vie est essentiel pour les marques qui peuvent ainsi communiquer de façon très ciblée. Elles passent ainsi d'une logique de marketing de masse a un marketing one-to-one ou one-to-few. Il devient facile de construire des stratégies marketing comportementales multi-canal (publicité interactive, e-mail, sms) pour acquérir ou fidéliser des clients. Le marketing comportemental est totalement orienté vers le client, l'avantage pour lui est grand : recevoir des offres adaptées à ses attentes. Les limites liées au respect de la vie privée sont présentes dans l'ouvrage, le législateur a imposé des contraintes très fortes aux acteurs de ces métiers.Cet ouvrage présente la puissance, l'étendue et les opportunités du marketing comportemental numérique à travers des exemples concrets
QUAND LA SANTE DEVIENT MEDIATIQUE
Les logiques de production de l’information dans la presse
Dominique Marchetti, collection "Communication, médias et sociétés", PUG, 2010, 192 pages, 21 €
Á partir d’une enquête de cinq ans, ce livre propose une analyse générale des mécanismes de production de l’information des médias à l’attention du grand public. Il permet plus spécifiquement de comprendre depuis les années 50 la transformation de la médiatisation des questions de santé publique, notamment des scandales sanitaires. Cet ouvrage démontre les transformations et les évolutions que peuvent connaître les médias en s’appuyant sur le thème de la santé. Le propos est étayé de nombreux exemples récents, voire de scandales, qui ont marqué fortement les esprits.
DE LA MISERE HUMAINE EN MILIEU PUBLICITAIRE
Comment le monde se meurt de notre mode de vie
Groupe Marcuse, Essais n°323, La Découverte/Poche, 2010, 182 pages, 8 €
La publicité ne cesse d'étendre son empire. Nous sommes chaque jour soumis à plus de 3 000 messages publicitaires. Jusqu'où ira ce bombardement ? En France, plus de 20 milliards d'euros sont investis par an en publicité - trente fois plus que le budget du ministère de l'Environnement ! Qu'y a-t-il là de si décisif pour qu'on y consacre tant d'argent, de talent et d'énergie ? C'est que le système publicitaire est indispensable à l'expansion du consumérisme et du productivisme, dont les conséquences sont catastrophiques pour les hommes comme pour la nature. La publicité est le carburant idéologique de ce saccage : elle nous incite sans cesse à consommer tout en nous aveuglant sur les conséquences de cette hyperconsommation. Il ne faut donc pas en rester à une critique moralisante des « excès » de la publicité. Comme le montrent les auteurs de ce livre, il faut plutôt s'attacher à comprendre comment elle diffuse un mode de vie qui contribue à l'appauvrissement de la vie. Les excès si décriés apparaîtront alors sous leur jour véritable : les dernières percées d'une offensive qui, depuis trop longtemps, participe à la dévastation du monde.