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Les éditeurs louperaient-ils le coche du numérique ? Une nouvelle étude de Primento


Presse Edition 04/12/2013

Primento, partenaire numérique des éditeurs, dévoile les résultats d’une étude menée auprès des professionnels de l’édition lors de la dernière Foire internationale du Livre de Francfort. Bien que Primento constate une réelle conscientisation au développement de l’e-book, les résultats indiquent que de nombreux acteurs n’ont pas encore intégré cette perspective digitale dans leur stratégie ou leur approche métier.

Alors que toutes les études confirment un changement rapide des usages et des habitudes des lecteurs, Primento s’est penché sur la manière dont les professionnels de l’édition se positionnent par rapport à ce changement de paradigme. Les mutations orchestrées par le passage au numérique ne sont en effet pas sans conséquences; elles demandent une adaptation de l’ensemble de la chaîne du livre, du travail avec les auteurs sur les manuscrits à la distribution des livres digitaux. Réalisée auprès de 535 professionnels du livre, l’enquête révèle des résultats étonnants.

Bien que les livres numériques remportent un succès de taille auprès du grand public, que ce soit en Europe ou aux États-Unis, il est surprenant de constater que 60% des professionnels du livre ne lisent jamais sur supports digitaux ! La situation s’accentue si les professionnels francophones seuls sont considérés, puisque 70% d’entre eux ne lisent jamais de livres numériques. Seuls 3% des professionnels indiquent par ailleurs avoir abandonné la lecture papier au profit du digital ; un taux qui passe à un peu plus de 1% pour les francophones. Les supports de lecture privilégiés par ces convaincus du numérique sont, à part égale, les tablettes et liseuses.

D’après Thibault Léonard, spécialiste du numérique et fondateur de Primento, le distributeur numérique de nombreux éditeurs belges, cette situation est révélatrice d’un malaise dans le secteur de l’édition : «il est en effet frappant de constater à quel point les éditeurs sont réfractaires au changement et semblent ne pas se sentir concernés par la lecture numérique. D’un point de vue stratégique, cette position est risquée car elle creuse l’écart entre l’éditeur et le lecteur, dont les usages et habitudes ne peuvent être compris et dès lors pris en compte».

À la question de savoir comment ils se représentent le numérique, 96% des sondés le perçoivent positivement et comme un phénomène durable. Parmi ceux-ci, 81% pensent que le livre numérique cohabitera avec le livre papier, alors que 15% estiment qu’il s’y substituera, une opinion qui semble légèrement moins prégnante parmi les professionnels européens.

Étrangement, les éditeurs pensent que ce sont les secteurs de l’éducation et de l’édition professionnelle qui parviendront le mieux à tirer profit de la révolution numérique d’ici à fin 2015. «Les éditeurs sont néanmoins trop optimistes concernant l’éducation, ce domaine étant largement sous-financé et très conservateur lorsqu’il s’agit d’embrasser un changement», commente T. Léonard «Cet énorme chantier prendra ainsi encore de longues années si les pouvoirs publics n’en font pas une priorité».

Quant à savoir si la maison d’édition qu’ils représentent est bien préparée pour saisir les opportunités du numérique, 85,6% des éditeurs se montrent confiants. Un taux qui chute cependant à 73% si l’on ne tient compte que des éditeurs français travaillant pour des maisons d’édition de langue française.

«De façon générale, l’étude prouve donc que les éditeurs se sentent peu concernés par le numérique et ne s’impliquent que trop peu dans cette mutation de l’industrie du livre », constate T. Léonard. Si leurs forces vives ne lisent pas et ne pensent pas ‘en numérique’, les maisons d’édition ne peuvent saisir les opportunités de développement commercial et intellectuel qu’a à offrir ce secteur.» Primento ajoute également « il ne suffit pas de changer les processus pour réussir à ce niveau, il faut également que les mentalités évoluent ».

«Les éditeurs observent de nouveaux entrants se positionner dans leur industrie sans s’inquiéter, les livres numériques n’étant pas perçus comme une évolution du métier d’édition, mais bien comme le déploiement d’une profession parallèle par les éditeurs eux-mêmes. Il est vrai que les compétences requises impliquent une autre manière de penser la chaîne du livre, mais si les éditeurs refusent de prendre en compte cette évolution, ils risquent de perdre leur place privilégiée et de voir leur industrie se réorganiser sans eux, comme ce fut le cas dans d’autres domaines par le passé», explique le fondateur de Primento.

Les récentes mutations qu’a connues le secteur du livre semblent donner raison au spécialiste du numérique puisque 2013 aura connu son lot de bouleversements avec notamment l’intégration de Flammarion par Gallimard ainsi que la mise sous concordat de DDB et des éditions du Rocher.


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