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Projets supérettes, l'AADP - Association pour l'Avenir des Diffuseurs de Presse, réagit


Presse Edition 12/04/2017
Le CSMP, à leurs ordres, peut-il s’affranchir de la Loi Bichet?
N’est-ce pas pour lui le franchissement de la ligne rouge?

Il semble qu’il pense être suffisamment intouchable pour le faire.
La prochaine AG du Conseil supérieur des messageries prévoit de valider le projet supérette qui nie le principe d’absence de discrimination entre éditeurs. Un précédent avait déjà été toléré depuis des années par l’Etat avec les différences de commissions attribuées aux concessions et aux marchands traditionnels, dépossédant ces derniers de sommes considérables. Nous en mesurons les effets tous les jours en constatant les très nombreuses fermetures de ces points de vente qui animent nos quartiers.

L’Etat laissera-t-il encore faire cette fois-ci?
 Ce n’est pas un hasard si cela se fait maintenant, après la clôture parlementaire et juste avant les élections présidentielles. Pourtant, il est un acteur politique de poids qui ne devrait pas voir ce projet d’un bon œil. La Mairie de Paris a, en effet, sur demande de ces mêmes éditeurs, lancé un vaste plan d’investissement pour la rénovation du parc des kiosques de la capitale. Il serait surprenant qu’après avoir fait cet effort elle en laisse aussitôt détruire les effets par la création d’une concurrence nouvelle pour les kiosquiers qu’elle a bien du mal à maintenir en activité par manque de rentabilité. Le groupe NAP (Enseignes Maison de la Presse et Mag Presse - 1.700 points de vente) a  également  a menacé de porter l’affaire en justice si le CSMP validait le projet.

Cette autorité qui dirige la destinée de la filière, avec les résultats que l’on sait, est depuis longtemps très décriée par tous les acteurs à l’exception de ceux qui, par manque d’indépendance à l’égard des principaux éditeurs, évitent toute intervention contraire aux intérêts de ceux-ci. Conscient du problème, l’Etat a d’abord créée une Haute Autorité (l’ARDP) pour en limiter les décisions néfastes (2011) puis plus récemment a renforcé les pouvoirs de cette autorité indépendante pour pouvoir imposer les sujets à traiter au CSMP.

Ce projet sera-t-il la goutte d’eau qui fait déborder le vase?
Dans la filière ils sont nombreux à l’espérer. Les marchands bien sûr mais pas seulement. Le projet, s’il voyait le jour, ne permettrait qu’aux grands éditeurs d’avoir leurs titres présents dans les supérettes. Autant dire que c’est la mort annoncée pour tous les autres éditeurs dont le réseau de vente, déjà en difficulté, et confronté à une nouvelle concurrence sérieuse, ne tarderait pas à s’éteindre complètement. On peut d’ailleurs s’étonner de ce manque de prise en considération de ceci par le CSMP et les éditeurs qui le dirigent.
Ainsi, si les premiers à réagir sont les petits éditeurs, en première ligne, tous les éditeurs autres que les trois grands groupes devraient s’inquiéter pour leur avenir.

Par ailleurs, compte tenu des difficultés engendrées par le CSMP aux autres acteurs dépendants de la filière (dépositaires, MLP), ils sont nombreux à aspirer à l’instauration d’une gouvernance paritaire en remplacement de l’actuelle dépendance à des intérêts privés d’éditeurs en nombre réduit.

 
 

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