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Questions à Didier Baraud, Directeurs des Editions Palette

Questions à Didier Baraud, Directeurs des Editions Palette

Presse Edition 09/02/2011

En 2003, vous avez créé les éditions Palettes, maison d’édition spécialisée dans le livre d’initiation à l’art pour enfants.
Didier Baraud : J’ai publié mes premiers titres en mai 2004. Mon projet : faire de Palette la première maison française, spécialisée dans le livre d’initiation à l’art pour enfants. Mais d’où est venue cette idée ? Beaucoup d’inconscience, probablement… Mais également de mes études aux Beaux-Arts de Paris (diplômé en 1983), bien sûr, et de mon expérience professionnelle, car j’ai occupé pendant plus de dix ans la direction du département jeunesse des éditions Mango, une maison généraliste. Au milieu des années 90, j’ai publié quelques ouvrages d’art pour enfants, comme Casse-Tête Art, en coédition avec la RMN, L’Art en puzzle ou Une année au musée, qui rencontrent un succès notable. Mais je quitte Mango en 2001 et je travaille pendant deux ans en indépendant : je dirige des livres d’art pour enfants aux éditions de la Réunion des musées nationaux, et développe la collection « Junior Arts » pour Autrement Jeunesse. Cette période de transition me permet de réfléchir au projet de création d’une maison d’édition. Le marché du livre pour enfants étant de plus en plus « encombré » et concurrentiel et les petites maisons émergentes ayant par conséquent du mal à se faire connaître, il n’était pas pertinent de monter une petite maison généraliste qui n’aurait rien apporté de nouveau au paysage éditorial. Le meilleur moyen de se démarquer était d’avoir une identité éditoriale rapidement repérable, et de se spécialiser dans un secteur pas ou peu exploité. Donc de créer une maison d’édition avec un message fort, original et clair, de se pencher très sérieusement sur le livre d’art pour la jeunesse. Mais de donner beaucoup de plaisir aux lecteurs !


Vos premières publications ?


Didier Baraud : Notre première collection, qui a constitué notre socle éditorial, est « L’art & la Manière ». Cette collection monographique comprend aujourd’hui 35 titres, traite indifféremment de l’art classique et l’art moderne ainsi que les grands mouvements picturaux pour un public de 8/12 ans. Mais nous publions des livres pour les plus petits, comme des livres jeux ou d’activités. Toujours autour de l’initiation aux arts plastiques.


Vous-vous êtes spécialisés dans les livres d’art pour la jeunesse ?
Didier Baraud : Cette spécialisation est venue de différentes « études » et observations avant de créer Palette. Je savais que quinze ans auparavant, le grand public n’était pas tout à fait prêt à recevoir cette offre. Mais en me rendant souvent dans les musées et les expositions, j’ai pu constater une nette augmentation de leur fréquentation par les enfants, même les plus petits. Cette augmentation était due à une nouvelle jeunesse des musées (restauration des salles et de l’accueil, nouveaux accrochages…), la multiplication d’ateliers mis en place par les institutions. Dès le début des années 2000, il semble que ces pratiques aient ainsi progressé et que la nouvelle génération de parents veuille transmettre le goût de l’art à leurs enfants. On peut parler alors de démocratisation de l’art. Il fallait trouver une nouvelle voie, un nouveau discours bien documenté, sérieux mais agréable à lire, pour sensibiliser les enfants (et décomplexer les parents !) à une initiation à l’art. Cependant, il ne s’agit pas de faire du documentaire aride, mais plutôt de parler d’art différemment et avec une grande sensibilité et un grand soin apporté à la qualité de l’ouvrage ; proposer des beaux livres jeunesse comme pour le public adulte.


Certains de vos livres peuvent également s’adresser aux adultes !

Didier Baraud : Nous avons publié d’autres titres plus ambitieux comme La Grande Parade de l’art, qui contient plus de 400 œuvres d’art, ou Ma première histoire de l’art, qui a fait le pari de présenter une histoire de l’art, des cavernes à l’art contemporain, sous une forme claire et agréable. Et nous avons publié Art contemporain, qui donne aux jeunes lecteurs toutes les clefs pour comprendre et apprécier, voire aimer, l’art contemporain (nous le réimprimons : 5 000 exemplaires vendus en une année). Nous pensons aux jeunes lecteurs mais nous pensons également aux parents et aux prescripteurs qui ont besoin d’outils pour enseigner l’histoire des arts à l’école : les arts plastiques, la musique ou l’architecture, pour n’en citer que quelques-uns. Cet enseignement a été mis en place à l’école primaire depuis la rentrée 2008, au collège depuis septembre 2009. Et est effectif au lycée depuis septembre 2010.
Mais cette discipline n’est pas enseignée par un professeur dédié, mais enseignée par différents professeurs. L’idée est donc que les professeurs d’histoire, de littérature, travaillent ensemble pour permettre aux élèves d’aborder cette discipline culturelle. Raison de plus pour leur proposer des livres d’art accessibles au plus grand nombre


Vos ouvrages sont graphiquement particulièrement soignés ?
Didier Baraud : Oui, pour associer pédagogie et plaisir, nous travaillons essentiellement avec un graphiste qui vient du monde du livre d’art adulte. Ce qui donne probablement une certaine élégance à nos ouvrages.
Nous avons repris également, les grands principes éditoriaux de l’édition jeunesse. C’est pourquoi on trouve dans notre catalogue des livres d’activités, avec des stickers dans la collection « L’Art en formes » ou des rabats, des volets pour découvrir des informations et des œuvres d’art comme dans les titres Un tableau peut en cacher un autre ou La Maison des arts. Nous avons exploré le livre pop-up sur Magritte et des livres animés sur Calder ou Warhol, avec la collection « La Petite Galerie ». Et même des livres-jeux, avec Le Musée des jeux et Le Monde des jeux, qui prouvent que l’on peut faire des sudoku avec des hiéroglyphes ou des chiffres romains. Le public est amené à considérer l’art autrement ; il peut désormais jouer et s’amuser avec.


Quels sont vos principaux canaux de diffusion ?

Didier Baraud : Nous sommes bien sûr, présents dans les librairies généralistes, les grandes enseignes et les librairies de musées (15% de CA pour ces dernières) qui représentent évidemment, la plus grosse part de notre chiffre d’affaires.
Mais notre diversité éditoriale n’existerait probablement pas sans le maillage, à travers tout le pays, des bibliothèques municipales, des documentalistes dans les écoles ou les lycées, qui font un travail d’information extrêmement important auprès de leurs lecteurs ou de leurs élèves. Ce fidèle réseau représente plus de 35% du chiffre d’affaires des éditions Palette. Tous ces gens font un travail d’irrigation vers toutes les autres bibliothèques et les départements et les régions organisent des cessions d’information.


Comment faîtes-vous connaître vos ouvrages, aux professionnels ? Aux public ?
Didier Baraud : Nous sommes diffusés par Actes Sud en librairie et par d’autres diffuseurs pour les réseaux collectivités, prescripteurs... La communication coûte très cher. Donc peu ou pas d’achat d’espace dans les magazines grand public ou spécialisés. Nous allons organiser cette année des rencontres auprès des libraires qui nous connaissent peu. Palette est un peu comme un laboratoire : nous y travaillons beaucoup et passionnément mais nous en sortons peu. L’équipe éditoriale et moi, devons aller plus souvent vers les gens qui vendent nos ouvrages et qui aiment voir qui sont les gens derrière une production (aussi jolie soit-elle). Le salon de Montreuil, nous aide également à communiquer auprès du grand public et des professionnels. Mais nous le savons, c’est trop peu.


Votre actualité ?


Didier Baraud : Nous tentons légèrement de nous diversifier en visant un public adulte mais très timidement. C’est un marché lui aussi, très encombré. Depuis 2009, nous publions un ou deux titres adultes par an.


Quelle est votre stratégie en terme d’édition numérique ?

Didier Baraud : Rien pour le moment. Certaines sociétés ont pris contact avec nous, mais les développements sont très onéreux, en particulier pour le droit à l’image. Affaire à suivre, donc…


Editions Palette
CA 2010 : 992 200 € (bilan non clos)

Effectifs : 4 personnes

Nombre d’ouvrages au catalogue : 140

Nombre d’ouvrages programmés pour 2011 : 24 titres

Les responsables : 

Héloïse Bertrand : éditrice petite enfance & primaire
Nicolas Martin : éditeur collège, lycée & adultes
Joëlle Rioust : trésorerie & comptabilité


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