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Questions à Edouard Rencker, Directeur de Jazz Magazine Jazzman et de Muziq

Questions à Edouard Rencker, Directeur de Jazz Magazine Jazzman et de Muziq

Presse Edition 02/07/2014

Ancien journaliste économique, Edouard Rencker fonde en 1984 Sequoia, tout d’abord agence de presse puis entreprise spécialisée dans le conseil aux éditeurs de presse. Il est aujourd’hui Président directeur général du Groupe Makheia, le premier groupe français de communication indépendant. Retour aux sources, le 21 Avril dernier, il acquiert, à titre personnel le légendaire Jazz Magazine Jazzman et Muziq, propriété de la famille du fondateur Franck Ténot.


Le 21Avril 2014, le mythique Jazz Magazine, leader européen du secteur , change de main et devient à titres personnel la propriété d’un groupe d’amis ? Un coup de folie ? Une danseuse ?

Edouard Rencker : Oui c’est une folie, mais je ne suis pas seul. Nous sommes quatre amis, un directeur artistique, un éditeur de presse, un industriel et Chantal, mon associée de toujours….Tous passionnés de presse. Nous avons cassé notre tirelire pour investir dans ce projet.

Pourquoi Jazz Magazine ?

Edouard Rencker : C’est dû à la conjonction de mes deux passions, celle pour la musique et celle pour la presse. Depuis toujours, je suis passionné de musique et notamment de jazz et par ailleurs dans une autre vie, je suis producteur d’albums de jazz pour aider notamment de jeunes talents à émerger. J’ai déjà produit 8 disques dont certains ont fait des flops complets, alors que d’autres se sont bien vendus. C’est par ce biais que j’ai été amené à rencontrer Sarah, qui cherchait à vendre Jazz Magazine.

Qu’est-ce qui vous a décidé à reprendre le titre malgré un marché de la presse magazine déprimé ?

Edouard Rencker : Le marché de la presse n’est pas terrible, mais celui de la presse spécialisée est cependant beaucoup plus stable que le marché global de la presse grand public et généraliste en France. J’analysais récemment les statistiques de vente de la presse depuis 3 ans. Elles affichent des variations allant de -10 à +10%. Je crois beaucoup à la presse verticale et la presse de Tribus. L’explosion planétaire des réseaux sociaux n’est que l’expression pour les individus de l’envie de se retrouver par tribus, par communautés. Qu’est ce qu’un titre spécialisé ou vertical si ce n’est un élément symbolique formidable d’expression d’une communauté. Donc bien sûr il y a une place pour une presse spécialisée et communautaire.

En 2013 Jazz Magazine Jazzman affichait une progression de sa diffusion de + 1,03 % versus 2012 (chiffres OJD). Plutôt performant comparé à certains !
Edouard Rencker : En effet, si l’on se base sur les chiffres publiés par l’OJD pour l’année 2013 : Diffusion France Payée : 107949 exemplaires, soit + 1,03 % vs 2012 et 12754 exemplaires pour la diffusion totale, +0,31 % vs 2012, cela est encourageant, mais pour un tirage de 24000 exemplaires, il reste tout de même 50 % d’invendus. Nous devons nous attaquer en priorité au réglage de la diffusion. Mes convictions ne sont pas encore arrêtées, mais il y trop de dispersion, trop de points de ventes, pour un nombre d’exemplaires limité. Nous n’avons pas suffisamment de visibilité en kiosques. Nous allons engager d’importants travaux dans ce sens pour la nouvelle formule prévue à très court terme.

Peu de publicité et notamment d’annonceurs hors captif dans les derniers numéros du magazine ?

Edouard Rencker : En effet, jusqu’à présent, Jazz Magazine Jazzman n’accueillait que des annonceurs captifs et n’avait aucune stratégie pour attirer le hors captif. Nous avons actuellement une régie intégrée que nous maintiendrons et avec laquelle nous allons développer des opérations spéciales, du branding et du partenariat. Ensuite se pose la question du hors captif.
Nous avons des atouts pour aborder ce marché, un lectorat haut de gamme,CESP+ . Des gens qui sont d’une façon générale
très hédonistes. Ils aiment le jazz, la littérature, les bonnes choses, le bon vin. Des quinqua, très curieux, ouverts au monde.
Nous allons d’ailleurs lancer une étude de lectorat, en commençant par des focus groupes et du qualitatif. Pour connaître les déclencheurs, les envies et savoir jusqu’où nous pouvons aller dans le changements de formule du magazine. Cette étude sera d’ailleurs complétée cet été par du quanti.


Vous avez un beau portefeuille d’abonnés ?

Edouard Rencker : Oui nous bénéficions du soutien de 7000 abonnés, très fidèles avec un taux de réabonnement très satisfaisant.
Et depuis quelque temps, nous constatons un rajeunissement dans notre portefeuille d’abonnés.

Côté financier, il semblerait que le chiffre d’affaires du magazine soit un peu juste pour équilibrer ?
Edouard Rencker : Evidemment le magazine est aujourd’hui à peine à l’équilibre et notre but la première année est d’équilibrer et ensuite développer son chiffre d’affaires.
Nous avons un plan sur 3 ans qui porte sur lancement d’une nouvelle formule, en essayant de la rendre plus ouverte, pour augmenter les ventes en kiosques. Nous sommes conscients que les sujets grand public font de meilleures ventes, et que d’autres plus pointus sur des découvertes, des révélations et de jeunes talents sont moins porteurs. Sur le fonds il faut trouver également de nouvelles idées. Sachant que la majorité des lecteurs aiment et pratiquent la musique, nous envisageons de lancer un cahier musiques spécifiques avec, par exemple, des relevés de solos de grands maîtres aujourd'hui introuvables sur le marché ainsi que des conseils techniques.

Le site internet actuel du magazine n’est pas très performant ?
Edouard Rencker : La reconstruction de l’écosystème digital s’avère également une priorité. Nous devons revisiter et concevoir un site communautaire avec des fonctions de playlist, etc. Nous allons, dans un premier temps, développer une appli tablette pour les abonnés, dés la rentrée. Et dés cet été développer sur tout ce qui est stratégie réseaux sociaux, ne serait ce que pour avertir des concerts inédits, les bons tuyaux, les passages de vedettes…

Pensez-vous également développer des partenariats avec les médias audiovisuels ?
Edouard Rencker
: Historiquement TSF jazz qui est la radio du jazz appartenait aussi à Franck Téno. Il l’a vendu avant le magazine et du coup, cela a créé des dissensions. Il y a eu une relation incestueuse qui s’est mal passée. En revanche, Frédéric Moati qui est le directeur de la rédaction intervient régulièrement sur France Inter. Ce sont des partenariats que nous avons envie de développer et également tout ce qui est édition de disques, les hors séries, les numéros spéciaux. D’ici à la fin de l’année, Universal va relancer le label Blue Note, un label qui a fait connaître entre autres, Art Blakey, John coltrane, Miles Davis. Nous avons donc projeté d’éditer pour l’occasion un numéro spécial Blue Note.
Nous développerons également des partenariats avec les festivals. Nous avons des partenariats historiques avec Jazz à Vienne dont le magazine est partenaire depuis plus de 10 ans, avec Jazz sous les pommiers, à Coutances, dans la Manche, etc.

Des changements prévus au sein de la La rédaction ?

Edouard Rencker : Nous maintenons l’actuelle rédaction à qui ai demandé qu’on retrouve l’impertinence des débuts du jazz et que le magazine retrouve la place qu’il occupait à ses origines. Mon désir le plus cher, que Jazz Magazine redevienne le référent incontournable qu’il était par le passé.

La concurrence ?

Edouard Rencker : Nous n’avons quasiment pas de concurrent. Le plus important, Jazz man a fusionné avec Jazz Magazine en 2009. Il existe de petits concurrent confidentiels, qui tire à 2000/2500 exemplaires.

Et le rock ?

Edouard Rencker : Nous avons trouvé dans la corbeille de mariage un petit joyau, Muziq, un trimestriel de 180 pages, dos carré collé, vendu en librairies, et qui lui, est dédié au rock jusqu’aux années 80. Ils se sont intéressés aux chanteurs et aux groupes mythiques tels que Frank Zappa, les Rolling stones. Le dernier numéro dédié à Led Zeppelin s’est bien vendu Nous pensons sortir un numéro dédié aux Pink Floyd, à Prince. Chaque numéro, tité à 6000 exemplaires est épuisé. Je voudrais relancer un peu de visibilité.

Le premier numéro de Jazz Magazine dont vous êtes le directeur est en kiosques depuis samedi dernier. Que peut-on dire de ce numéro ?
Edouard Rencker : J’ai évidemment jeté un œil attentif à la maquette, notamment le dossier magnifique sur Miles Davis avec un beau Portefolio. Par ailleurs, c’est pour nous un numéro test : nous avons augmenté la diffusion pour la monter à 28 000 exemplaires, et être plus présents notamment dans les villes autour des festivals d’été, nous y intégrons un CD original sur 4 pianistes majeurs (Bill Evans, Herbie Hancock, Marial Solal et Paul Bley) et nous le laisserons 2 mois en kiosque, de façon à couvrir la période avec 2 numéros. Nous doublons donc la surface d’exposition.
Après, il n’y a plus qu’a croiser les doigts !


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