Presse Edition 17/02/2010
En janvier 2009, vous créez les Editions Zanzibar ?
Laurent Blain : Le projet de Zanzibar est d'éditer une vingtaine de jeunes auteurs de fiction, découverts quelquefois avant même qu'ils aient été publiés dans leur pays d'origine, et de les accompagner sur le long terme. L'objectif de la maison est de créer une communauté d'auteurs et de lecteurs fidèles, partageant les mêmes goûts pour les textes d'invention.
Premiers ouvrages parus ?
Laurent Blain : En janvier, Edson, un roman du songwriter Bill Morrissey paru aux Etats-Unis en 1996, puis retiré des librairies sur un coup de tête de l'auteur. BM est venu à Paris en janvier livrer à Zanzibar deux romans inédits, dans le plus pur style americana. Des Bienfaits de la respiration, huit nouvelles de Lydia Peelle sur les bouleversements de la vie dans le sud des Etats-Unis. Choisi sur manuscrit, le recueil de Lydia Peelle a depuis été sélectionné parmi les finalistes du Booker Prize. En février, Minuit privé, un ovni de Kris Saknussemm mêlant le polar et le fantastique dans un roman dérangeant, entre James Ellroy et David Lynch. Parc Avenue, en une dizaine de nouvelles au réalisme extrême, la vie d'une petite bande de clochard célestes ayant élu domicile dans les parcs municipaux de Boise (Idaho). L'auteur connait bien son sujet : Jerry Wilson est depuis cinq ans leur parc ranger. En mars, Unplugged, ou quand 16 auteurs-compositeurs parmi les plus renommés et les plus prometteurs de la scène américaine se mettent à la nouvelle. Inattendu, jubilatoire, toujours génial. Zanzibar Quarterly & Co, le numéro un, daté du printemps, sur un concept plutôt nouveau pour les lecteurs français.
Bilan et Etat des lieux après une année d’exercice ?
Laurent Blain : L'année 2009 a tout entière été consacrée à la préparation de l'activité : achat de droits, traductions, plan de communication, recherche d'un distributeur, activation d'un réseau de correspondants. La confiance de Volumen, sur la foi du catalogue en préparartion, a changé la donne en juillet 2009. Il nous a fallu adapter nos méthodes aux exigences d'un réseau de vente : respect du programme, livraison des livres avec une grande antériorité par rapport à leur date de mise en vente, adaptation des tirages, rigueur financière.
Vos couvertures sont toujours d’une grande qualité graphique. Quelle est votre politique en la matière ?
Laurent Blain : Zanzibar n'a pas de politique de collection : chaque livre suscite son propre environnement graphique et typographique. Nous apprenons beaucoup des éditeurs étrangers – américains et italiens en particulier – plus audacieux que les Français. Nous sommes encore loin d'avoir abouti en la matière.
Votre actualité ?
Laurent Blain : La confection du premier Zanzibar Quarterly & Co, prévu pour mars prochain, conçu comme un collector. 256 pages de fictions, d'essais et d'illustrations, dans un généreux vrac. Riche, rare, inédit, jubilatoire.
Votre programme éditorial et vos projets pour 2010 ?
Laurent Blain : Deux livres par mois : le retour du procedural avec DJ Eldon, les extraordinaires inventions de Jim Shepard, Jim Reidy, presque culte, l'envers de Manhattan avec Robert Freeman Wexler... et puis un temps fort autour des 60 ans de Lew Archer (le détective de Ross Macdonald) et un hommage à Raphaël Aloysius Lafferty, le frêre maudit de Thomas Pynchon, le père spirituel de Neil Gaiman et de Chuck Palahniuk...
• Laurent Blain, 51 ans, marié, deux enfants. Etudes de lettres et de philosophie. Puis successivement : Directeur de la communication de collectivités locales (ville, département, chambre de commerce et d'industrie) et Directeur du marketing de deux grands groupes immobiliers.