Presse Edition 03/03/2010
Vous avez créé les éditions Chèvre Feuille Etoilée en 2000 ?
Marie-Noël Arras
: Les éditions Chèvre Feuille Etoilée ont été créées le 18 janvier 2000
et poursuivent leur chemin grâce aux liens de cœur que nous, Behja Traversac, Edith Hadri, Maïssa Bey et Marie-Noël Arras, quatre femmes des deux rives, entretenons avec la littérature, avec l'Algérie et avec la Méditerranée.
Quel était leur projet initial ?
Marie-Noël Arras :
Nous avions travaillé ensemble depuis plusieurs années, à divers
titres, autour de la parole, de la mémoire et de l'écriture des femmes.
Peu à peu s'est construite une passerelle tangible et poétique qui
enjambe la mer....Le projet s’est construit autour de quatre idées. La
première, essentielle : offrir un espace du dire et de l’écrire aux
femmes, connues ou inconnues, notamment à travers la revue Etoiles
d’encre, un espace créatif qui rassemble du rêve, de l’imaginaire, de
la mémoire mais aussi de la rencontre. La deuxième : mêler oral et
écrit ; car, si les femmes du Nord ont la possibilité de se faire
entendre, d’écrire, d’être publiées, celles du Sud n’ont que rarement
cette chance et que dire de celles qui n’ont comme héritage qu’une
tradition orale n’ayant d’autre espace d’expression que leur proche
communauté ? Notre troisième pôle c’est rapprocher les
Méditerranéennes. Nous accueillons bien entendu des textes d’autres
régions du monde chaque fois que cela se présente à nous. La revue
Etoiles d’Encre est conçue et réalisée en France et diffusée en Algérie
grâce à l’association « Paroles et Ecriture » que nous avons créée à
Sidi-Bel-Abbès et qui, elle-même, a permis la création de la
bibliothèque du même nom. Enfin, notre quatrième ambition, plus
complexe, c’est de nous inscrire dans la voie de ceux et celles qui ont
contribué à désentraver la langue. Ouvrir l’édition à d’autres styles
d’écriture, ne pas rester entre les frontières de l’académisme
littéraire. S’ouvrir à une langue qui se renouvelle sans cesse, qui
s'insurge, qui parle autrement « qui parle toujours l’autre langue, la
langue de l’autre » disait Hélène Cixous.
Votre premier ouvrage ?
Marie-Noël Arras : La revue Etoiles d’Encre
n° ½ : « L’outre mère » est le premier ouvrage paru en mars 2000 suivi
du n°2 : « Tissages métisses » en octobre 2000. Puis très vite trois
romans : La hurle blanche de Dominique le Boucher, Très de mayo de
Michèle juan I Cortada (un magnifique roman sur la guerre d’Espagne) et
Un demi siècle de la vie d’une femme de Eugénia Patrizia Soldà dont
nous venons d’ailleurs de publier la suite : Des ailleurs impossibles.
Quel bilan tirez-vous après 10 années d’exercice ?
Marie-Noël Arras
: 100 livres et 150 auteurs avec celles de la revue ! Et malgré cela
des difficultés financières telles que l’on se demande chaque jour si
nous pouvons continuer.
Qu’avez-vous prévu pour célébrer le 10e anniversaire de la création de votre maison d’édition ?
Marie-Noël Arras : Célébration , le numéro d’étoiles d’encre
des 10 ans, entièrement en couleur sur papier 115 grammes satiné, avec
plus de 120 illustrations et un magnifique dossier de Peggy Sultan sur
la peintre Najia Mehadji, une présentation de la revue à la CNHI le 7
mars à 17heures, un colloque les 13 et 14 mars à Montpellier, salle
Rabelais, ayant pour thème « Ecriture de femmes : lieu et lien », une
carte blanche pendant le Salon du Livre le lundi 29 mars à 17heures
dans la salle du Syndicat National de l'Edition et une rencontre, début
mai, dans les Centres culturels Français en Algérie et dans la
bibliothèque de Sidi bel Abbès.
Votre actualité ?
Marie-Noël Arras :
La sortie de deux livres importants en mars : un essai : Burqa ? de
Wassyla Tamzali et Claude Ber, un roman : Liens de sang de Janine
Teisson et un roman paru tout récemment : Et la lumière en ces jardins…
de Catherine Rossi.
Votre programme éditorial et vos projets pour 2010 ?
Marie-Noël Arras :
Trois autres romans, De l’une, l’autre de Christine Détrez (sociologue
et prof à l’ENS Lyon) ; Centaure de Valéry Meynadier (écrivaine) et Le
dernier diabolo de Samira Negrouche (une poète qui habite Alger), un
essai : Libres Paroles II de Claude Ber (philosophe et écrivaine).
Les 4 fondatrices